Gérer ses retards, sans stress

CAMPAGNE Témoignage de journaliste ayant suivi François Bayrou...

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Véronique Saint Olive, avec François Bayrou pour France 2

«Le suivre, c’est comique, tant l’organisation est à la va comme j’te pousse! Rien à voir avec les voyages de Chirac, que j’ai suivi pendant des années. Bayrou a des moyens et une équipe microscopiques, donc nous, la vingtaine de journalistes qui le suivions, on était bien obligés de se débrouiller pour les bans de montage, les trains. Mais le plus hallucinant, c’est que ça roule! Lui et sa petite troupe de conseillers restent cool et disponibles. Sauf quand un mur de caméras l’empêche de voir où il va, ça le rend dingue! Moi aussi je trouve ça hallucinant, ce mur. Un jour à Marseille, Azouz Begag était là aussi, la masse de journalistes était énorme. Certains se prenaient le trottoir, d’autres les lampadaires. Le problème avec Bayrou, c’est qu’il est en permanence en retard. En meeting, il commence neuf fois sur dix son discours à 20h30 au lieu de 19 h. Au Zénith, j’ai prévenu ses conseillers qu’il ne serait pas au JT de France 2, mais Bayrou s’en fiche! Tout au long de la campagne, il m’a étonnée, parce que je le pensais glandeur, or là, je l’ai vu beaucoup bosser. C’était passionnant de le voir s’imposer petit à petit. A l’époque, ses militants ressemblaient plus à des dames du Rotary Club, avec colliers de perles. Là, des centaines de jeunes se bousculaient dans les réunions. A Bercy, je me souviens être rentrée dans la salle encore vide. Je me suis dit ouahou, il remplira jamais tout ça, or la salle a été comble. L’autre grand moment pour moi, c’était en Corse, quand Sarkozy a lâché ses propos sur la pédophilie dans les gênes. Ca dépassait les querelles gauche-droite, il y avait un vrai débat de société. Du coup, on s’est tapé avec mon équipe quatre heures de voiture pour rallier Ajaccio et diffuser nos images de la réaction de Bayrou. Et maintenant? C’est le flou! Là, je me pose un peu, et après…»

Recueilli par Laure de Charette