Malgré une campagne désorganisée, une passion intacte

CAMPAGNE Echo de campagne, d'un journaliste ayant suivi Ségolène Royal...

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Carl Meeus, avec Ségolène Royal pour «Le Point»

«Ségolène ne lâche pas de «off». Mais elle fait des «brief» dans sa loge avant ou après un meeting. C’est quasiment le seul moment où on peut lui parler, alors j’ai opté pour la suivre en meeting, une quinzaine en tout de Tours à Berlin. Pour tenir le rythme, je carbure au café, au coca et à l’excitation du moment historique. Mais nous, on n’est pas porté comme elle par les vingt mille personnes qui applaudissent, et on ne rentre pas le soir à la maison en avion privé! Le problème, c’est que tout s’organise à la dernière seconde. Ségo fonctionne à l’instinct. Ses propres directeurs de campagne ne sont pas au courant de ce qu’elle va dire ou faire. L’idée des drapeaux aux fenêtres par exemple, ils en sont restés médusés! Elle voulait une campagne réactive, elle l’a eue brouillonne. Du coup, le challenge est encore plus grand! A moi de me débrouiller pour trouver de l’info. Contrairement à mes confrères de quotidien, hystériques parce que Ségolène, en retard, commence son discours à l’heure du bouclage, j’ai une semaine pour rendre mon papier. La pression est moindre. Etre embarqué, c’est quand même la meilleure formule pour cerner le candidat. En la côtoyant, je savais depuis longtemps qu’elle ne s’effondrerait pas, malgré toutes les chausse-trappes que lui ont mis les éléphants! Cette ténacité, les gens ne l’ont découvert que le soir du débat. Au finish, c’est une expérience formidable. Le soir du premier tour, on a fait une édition spéciale au Point. Une nuit blanche de travail, c’était excitant! Maintenant qu’elle a perdu, le PS va se recomposer, et puis ils vont préparer 2012. En fait, tout redémarre dès demain! Je me reposerai plus tard.»