160 jours de vacances à prendre, à cause de l'hyperactivité du sujet

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Recueilli par Laure de Charette

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Jean-François Achilli, avec Nicolas Sarkozy pour France Inter :

«Deux images m’ont marqué. L’émotion de Sarkozy à Bercy le soir du premier tour devant cette marée humaine. L’instant était extatique, comme s’il concrétisait la quête de toute sa vie, toute l’histoire de sa carrière est là. Et son meeting en plein ciel en mars, dans l’avion qui le mène aux Antilles. En chemise de sport, il improvise une conférence de presse avec les journalistes. Ce mélange de professionnalisme politique, d’efficacité et de séduction, c’est tout lui. Sarkozy, c’est une machine, un rouleau compresseur où rien n’est laissé au hasard. L’organisation technique sur le terrain est léchée: plannings imprimés, hôtels conseillés, heures du départ du car… C’est confortable au moins pour travailler! Mais le commentaire est libre. J’y pense, depuis trois ans que je le suis de manière méthodique, pas un coup de fil. C’est devenu une seconde nature journalistique de suivre ce candidat permanent! Au début, on était peu nombreux à le suivre. Mais en fait, c’est tout aussi passionnant de le voir en intime que de le partager avec les télés japonaises. Sarkozy est un pro des médias. Il connaît les heures de bouclage, il est rompu à la gymnastique radiophonique. Il est réactif à l’actu donc ça n’est jamais compliqué de bosser. Ce qui est éreintant, c’est que l’animal politique génère un happening quotidien. Son directeur de communication, Franck Louvrier, voulait une carte postale par jour, c’est le cas! Ca, c’est complexe à gérer. J’ai fait des millions de déplacements à ses côtés. Je suis un coureur de demi-fond, ça aide! Mais j’ai calculé, j’ai 160 jours de vacances à prendre à cause de l’hyperactivité de mon sujet! Mais je ne suis pas lassé, c’est une chance. Une aventure journalistique intense.»