«Tous les jours, Manuel Valls nous en sort une», s'inquiète Nicolas Sarkozy

POLITIQUE A une semaine du premier tour des départementales, le président de l’UMP s’attaque au Premier ministre Manuel Valls…

Anne-Laëtitia Béraud
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Nicolas Sarkozy, le 9 mars 2015 à Saint-Maur des-Fossés.
Nicolas Sarkozy, le 9 mars 2015 à Saint-Maur des-Fossés. — WITT/SIPA

Alors que le premier tour des élections départementales se tient dans une semaine, le président de l’UMP Nicolas Sarkozy a raillé le Premier ministre ce vendredi matin, se demandant si Manuel Valls avait «encore du bons sens».

Invité de France Info, l’ex-chef d’Etat a expliqué: «Quand je dis qu’il s’énerve un petit peu, c’est très en dessous de ma pensée.» «Je ne sais pas ce qu’à le Premier ministre, tous les jours il nous en sort une», a-t-il raillé. On s’est demandé s’il avait encore un peu de bon sens» quand Manuel Valls a évoqué «le système d’apartheid en Afrique du sud», a ajouté Nicolas Sarkozy. Le Premier ministre avait utilisé le mot d'«apartheid» pour illustrer l'enfermement des banlieues.

Appel à ceux «qui veulent dire leur colère»

«Le Premier ministre nous a dit qu'il avait peur. C'est pas rassurant. Imaginez que nous sommes dans un bateau, il y a un capitaine, et que le capitaine dit à l'ensemble des passagers que nous sommes (...) qu'il a peur. S'il a peur il a peur de quoi? Nous, ce qu'on craint c'est sa politique», a précisé Nicolas Sarkozy.

Faisant la promotion des candidats UMP aux départementales, Nicolas Sarkozy a appelé les électeurs qui «refusent la politique actuelle, ceux qui contestent, ceux qui veulent dire leur colère (…) et l’explosion des dépenses» à voter pour la droite. «Il fait mettre fin à l’inflation normative», a-t-il encore souhaité, déplorant «40 milliards de hausses d'impôt de plus sur les trois dernières années».

Formule «FNPS»

Estimant n’être «pas propriétaire des électeurs du Front national», Nicolas Sarkozy est revenu sur sa formule «FNPS», associant le FN au PS. «J'ai dit FNPS. Je n'assimile pas naturellement le PS au Front National. Mais le résultat, c'est celui-là", a déclaré Nicolas Sarkozy. «Quand vous votez pour le Front National, comme ceux de nos électeurs qui l'ont fait dans le Doubs, vous avez un député socialiste de plus», a ajouté l'ancien président.

Il est ensuite revenu sur les «divisions» de l’UMP pendant deux ans, «des divisions qui ont donné un boulevard au Front national». «Aujourd’hui, la famille est réunifiée et nous faisons notre travail d’opposition», a-t-il jugé.

Enfin, Nicolas Sarkozy est revenu sur son changement d’attitude mis en avant depuis son retour officiel en politique en septembre 2014. L’ex-président a expliqué: «J’ai changé (...). On essaie de profiter de l'expérience et de l'âge qui passe pour être plus mûr, plus tranquille, moins anguleux, en gardant la même passion.»