La rencontre entre Hollande et les frondeurs fait grincer des dents au PS

QUERELLES INTERNES Plusieurs députés socialistes s'insurgent de voir les frondeurs ainsi reçus à l'Elysée...

Agnès Chareton avec AFP

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Les «frondeurs»Christian Paul, Laurent Baumel et Jérôme Guedj, le 30 août 2014 à La Rochelle
Les «frondeurs»Christian Paul, Laurent Baumel et Jérôme Guedj, le 30 août 2014 à La Rochelle — Xavier Leoty AFP

C'est un rendez-vous qui fait grincer des dents au PS. Ce mardi soir, François Hollande doit recevoir une délégation de députés PS frondeurs pour un apéritif à l'Elysée, à leur demande. Une dizaine de députés frondeurs, dont Christian Paul, Laurent Baumel et Benoît Hamon, rejoindront le chef de l'Etat sous les ors des salons du palais présidentiel. L'objectif, pour François Hollande, est de ressouder la gauche...Quitte à fâcher les «bons élèves» de sa majorité.

François Hollande reçoit des frondeurs pour apaiser les tensions au PS

Interrogé par 20 Minutes, Pascal Terrasse, député PS de l'Ardèche, ne se fait pas trop d'illusions sur l'issue de la rencontre. «Je suis surpris de voir à quel point ceux qui nous crachent à la figure à peu près quotidiennement sont aujourd’hui reçus à l’Elysée. Malheureusement, ils sortiront de ce rendez-vous et ils cracheront encore sur le président dans quelques semaines», lâche-il.

Depuis plusieurs mois, les frondeurs reprochent en effet à François Hollande de ne pas respecter ses promesses de campagne. II  y a trois semaines, face à leur menace de ne pas voter la loi Macron, le gouvernement a dû passer en force en brandissant le 49-3. «En même temps, il faut savoir pardonner. C'est le rendez-vous du pardon et on jugera sur pièce», concède Pascal Terrasse.

Dans les colonnes du Parisien, Christophe Caresche, député PS de Paris, se dit «écœuré, effondré même» par l'apéritif organisé ce soir à l'Elysée. «Quand on a passé des nuits à assurer la majorité à ce gouvernement en se faisant traiter de noms d'oiseaux par les frondeurs, les voir plastronner chez Hollande, non, ça ne passe pas. Le président fait une grave erreur : en les recevant ensemble, il les reconnaît officiellement» fulmine-t-il. Même son de cloche du côté de François Loncle, député de l'Eure, cité par Le Parisien : «J'espère que ce n'est pas une façon de privilégier l'indiscipline et la dissidence par rapport aux députés loyaux que nous sommes.»

François Hollande ne veut changer ni de cap, ni de Premier ministre

Alors que François Hollande cherche à réunir la gauche, à la veille d'élections départementales qui s'annoncent catastrophiques pour le PS, pour Pascal Terrasse, le mal est déjà fait. «Sur le terrain, je vois à quel point les frondeurs ont abîmé les socialistes» regrette-il. «Là où on avait besoin de rassemblement, ils ont joué la division. Ils portent leur part de responsabilités dans la montée du FN», attaque-il. Dans les colonnes de Challenges, François Hollande a déjà prévenu qu'il ne céderait pas aux demandes des députés rebelles. Il n'y aura «pas de changement, ni de ligne ni de premier ministre» en cas de défaite aux départementales.