François Hollande ne veut changer ni de cap, ni de Premier ministre

Politique Le président de la République ne fait aucune concession aux frondeurs qu'il doit rencontrer ce soir à l'Elysée...

Agnès Chareton

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Francois HOLLANDE à la Villette (Paris, France), le 10 mars 2015. Photo : Nicolas Messyasz / Sipa Press
Francois HOLLANDE à la Villette (Paris, France), le 10 mars 2015. Photo : Nicolas Messyasz / Sipa Press — SIPA

C'est un François Hollande combatif qui s'est livré à Challenges, dans une interview publiée ce mercredi sur le site Internet de l'hebdomadaire. Front national, chômage, Valls et Macron: le chef de l'Etat fait le point sur les dossiers brûlants de son quinquennat et sur ses relations avec ses proches collaborateurs. Tour d'horizon des principales déclarations du chef de l'Etat.

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Pas de changement de cap

François Hollande adresse un message aux députés PS frondeurs, qu'il doit rencontrer ce mercredi à l'Elysée. «ll n’y aura pas de changement, ni de ligne ni de Premier ministre», tranche-t-il. Une réponse à ceux qui auraient bien vu Martine Aubry remplacer Manuel Valls à Matignon, comme Christian Paul, un des chefs de file des frondeurs. «Pourquoi changerais-je de ligne politique, alors qu’elle est claire, qu’elle commence à porter ses fruits? Les Français ne le comprendraient pas!».

Des élections départementales «difficiles»

A une dizaine de jours des élections départementales, qui auront lieu les 22 et 29 mars, François Hollande est lucide. Ces élections seront «difficiles, plus difficiles encore si l’on ne livre pas bataille», reconnaît-il. Le PS, qui apparaît divisé, est en effet donné perdant face à l'alliance UMP-UDI et au FN, donné en tête du premier tour par plusieurs sondages.

La loyauté de Manuels Valls 

Le chef de l'Etat, moins populaire que son Premier ministre, réaffirme sa confiance en Manuels Valls: «On travaille en confiance avec Valls. On se voit souvent. Je ne doute pas de sa loyauté», assure François Hollande. «Sa popularité me protège et me protégera», veut-il croire, vantant «l’énergie précieuse de Valls, son sens de l’animation.»

Emmanuel Macron, «un type gentil»

Le chef de l'Etat semble satisfait de son jeune ministre de l'Economie, qui vient pourtant d'essuyer un revers avec le vote de sa loi grâce au 49-3, il y a trois semaines. «Macron, c’est un type gentil, gai, qui n’a pas mauvais esprit ni une ambition dérangeante. Avec lui, c’est l’harmonie, politique et personnelle: c’est un imaginatif qui a été capable de réfléchir après avoir quitté l’Elysée».

Un remaniement ministériel se confirme

S'il n'est pas question, pour François Hollande, de changer de Premier ministre, la perspective d'un «réajustement ministériel» au lendemain des départementales se précise. Un remaniement qui «ne devra se faire que sur cette exigence impérieuse du combat contre le Front national».

Le Front National «en situation d'accéder au pouvoir»

A l'instar de Manuel Valls, qui a affirmé être «en campagne» contre le parti de Marine Le Pen, François Hollande fait de la lutte contre le FN une priorité: «Nous devons nous rassembler face à l’adversité et la tragédie qui menace le pays, car le FN est en situation d’accéder au pouvoir», analyse-t-il. 

Bataille contre le chômage

Si François Hollande se bat contre le chômage (en recul de 0,5% pour les chômeurs inscrits en catégorie A en janvier 2015), il dénonce le déclinisme ambiant: «Même si nous parvenons à gagner la bataille contre le chômage, et je me battrai de toutes mes forces, il resterait un défi à vaincre d’une autre ampleur: sortir le pays de son déclinisme, de son doute, de son malheur de lui-même.»