Les quatre raisons du déplacement de Manuel Valls en Pologne

EUROPE Pour son huitième déplacement européen, le Premier Ministre se rend mercredi et jeudi en Pologne pour un peu d'histoire, de géopolitique et de négociation de contrats...

O. G. avec AFP

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Manuel Valls à Paris le 10 mars 2015.
Manuel Valls à Paris le 10 mars 2015. — SIPA

Hommage à Solidarnosc, négociation de contrats et Ukraine au menu du déplacement de deux jours du Premier Ministre en Pologne. Huitième déplacement européen du Premier Ministre en un an.

Rendre hommage à Solidarnosk…sans Walesa

Ce mercredi, Manuel Valls entame cette visite par un détour par Gdansk, fief du syndicat polonais de Lech Walesa et de la contestation du pouvoir communiste dans les années 80. Il y rendra hommage à la mémoire de Solidarnosc

Après une rencontre avec le maire de la ville portuaire et une promenade dans le centre historique, Manuel Valls ira visiter les célèbres chantiers navals vers16h. Avant de déposer une gerbe au monument d'hommage aux ouvriers tués dans la répression de manifestations en 1970, puis visiter dans la foulée le centre européen Solidarnosc. Mais sans Lech Walesa, absent pour raisons de santé.

Rappeler sa lutte contre l’antisémitisme avec le musée de l’histoire des juifs polonais

A Varsovie mercredi en fin de journée, le Premier ministre, qui a fait de la dénonciation de la résurgence de l'antisémitisme en France un de ses combats, ira visiter le nouveau musée Polin, premier grand musée consacré à l'histoire des juifs polonais, décimés durant la Shoah.

Evoquer l’Ukraine avec le couple exécutif polonais

Le Premier ministre, qui rencontrera son homologue polonaise Ewa Kopacz et le président Bronislaw Komorowski jeudi à Varsovie, devrait à cette occasion évoquer l'attitude européenne vis-à-vis de la Russie, alors que la Pologne défend une ligne dure sur le conflit ukrainien. Il a d'ores et déjà annoncé la couleur dans une interview publiée mercredi matin par le quotidien polonais Gazeta Wyborcza.

Les sanctions «ne sont pas une fin en soi», explique le Premier ministre, mais doivent «contraindre les fauteurs de guerre sans nuire aux populations. Nos relations économiques avec la Russie sont importantes et personne n'a intérêt à encourager leur dégradation et l'isolement de la Russie. Ce que nous souhaitons, c'est le dialogue et le retour de la paix, pas jeter de l'huile sur le feu», a-t-il insisté, après avoir prôné «la mise en œuvre complète de l'accord de Minsk».

>> Ukraine: A Donetsk, la paix n'est qu'une «douce illusion»

Promouvoir la France pour de juteux contrats

Mais le Premier ministre parlera aussi hélicoptères et sous-marins. Jeudi, la journée doit être dominée par les relations économiques, avec l'espoir côté français de promouvoir des contrats d'armements, voire à plus large échéance la construction d'une centrale nucléaire.

L'important contrat le plus proche concerne une commande de 70 hélicoptères multirôles par l'armée polonaise pour remplacer de vieux appareils soviétiques, une commande estimée à 2,5 milliards d'euros. Varsovie doit bientôt choisir le lauréat, en vue d'une finalisation au second semestre. Un autre contrat d'hélicoptères d'attaque est également au stade de l'appel d'offres.

La liste des courses militaires polonaises ne s'arrête pas là: au cours des dix prochaines années, Varsovie compte dépenser 140 milliards de zlotys (environ 34 milliards d'euros) pour moderniser son armée. Les groupes français de défense (Thales, MBDA...) se positionnent également pour des contrats de missiles sol-air et de défense aérienne, de même que DCNS pour une possible commande de sous-marins.