Ciotti prône la création de centres de rétention pour les jihadistes

TERRORISME Après Charles Pasqua et Nicolas Dupont Aignan, le député UMP participe au débat sur la prise en charge judiciaire des jihadistes...  

D.B. avec AFP

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Eric Ciotti, le 15 octobre 2014 à Nice.
Eric Ciotti, le 15 octobre 2014 à Nice. — BEBERT BRUNO/SIPA

Souvent  prompt à proposer des solutions en matière de sécurité, le député (UMP) Eric Ciotti a de nouveau réclamé mardi la création de centres de rétention pour les candidats au jihad revenus de Syrie et d'Irak, y compris ceux emprisonnés à leur retour et libérés, au nom de la «protection des Français».

Un sujet qui suscite bien des commentaires, Charles Pasqua ayant suggéré dimanche de «recréer les travaux forcés» pour les islamistes radicaux jugés coupables sur le sol français. En novembre, Le président du mouvement Debout la République, Nicolas Dupont Aignan avait lui-même proposé de «rouvrir Cayenne» pour éloigner les Français revenus du djihad, des «fous furieux» qui méritent à ses yeux «une justice d’exception»

«Il faut rompre avec l'angélisme»

«Je réclame depuis septembre la mise en place de centres de rétention pour les personnes qui retournent de Syrie et les personnes qui sortent de prison. Même si on ne peut pénalement continuer à les emprisonner, elles représentent un danger majeur pour notre société. Il faut se protéger, il faut rompre avec l'angélisme», a déclaré Eric Ciotti sur Europe 1.

Le député, président de la commission d'enquête parlementaire sur la surveillance des filières et des individus jihadistes, était interrogé sur la libération par un juge des libertés et de la détention de deux Savoyards de 26 et 27 ans. Ils avaient été arrêtés début novembre à Albertville et mis en examen, quelques mois après leur retour de Syrie. «Parmi eux (les 1.800 ressortissants partis en Syrie ou en Irak, NDLR), on sait qu'il y a environ deux cents emprisonnées, une centaine ne le sont pas. Le rythme de retour va s'accélérer», a poursuivi Eric Ciotti.

Plutôt pour l'encellulement individuel des jihadistes

Quid du risque d'emprisonner des innocents? «Entre deux risques je préfère dire aujourd'hui protégeons d'abord les Français», a-t-il rétorqué. «Les innocents, les services de renseignement peuvent apprécier leur dangerosité. Ils ne sont peut-être pas passés à l'acte mais l'objectif est qu'ils ne passent jamais à l'acte».

Leur libération peut intervenir «lorsque le processus de déradicalisation sera mis en œuvre avec succès. il y a des techniques», a-t-il estimé. Interrogé sur le projet de loi sur le renseignement actuellement en cours de préparation, le député des Alpes-Maritimes a répondu: «il y a des mesures qui vont dans le bon sens, qui permettent aux services de renseignement d'agir dans un cadre plus sécurisé mais il n'y a rien de nouveau, pas de mesures très fortes».

Quant à l'encellulement individuel des jihadistes, prôné entre autres par Manuel Valls, «c'est ce qui est fait aujourd'hui déjà. Je pense que ça va plutôt dans le bon sens même si c'est controversé».