Elèves handicapés: le débat dans le débat

REACTIONs Après la passe d'armes de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, associations et politiques...

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Le sort des enfants handicapés n’a pas mis en colère que Ségolène Royal. La passe d’armes entre la candidate socialiste et son rival UMP, mercredi soir, a provoqué une cascade de réactions jeudi, tantôt pour défendre de Nicolas Sarkozy, tantôt pour s’indigner avec Ségolène Royal.

Chiffres à l’appui, Gilles de Robien a été le premier à réagir, estimant que «les affirmations» de Ségolène Royal étaient «totalement dénuées de fondement». Le ministre UDF de l'Education nationale a rappelé que «20.000 élèves handicapés bénéficient d'un accompagnement individualisé» aujourd’hui, contre «4.000 en 2003». Luc Chatel et Valérie Pécresse, porte-parole de l'UMP, sont venus à sa rescousse, soulignant que «c'est la loi du 11 février 2005, votée à l'initiative du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, qui a prévu l'inscription automatique des enfants handicapés dans l'école de leur quartier». Et le ministre de la Santé Philippe Bas de renchérir, assurant que «160.000 enfants handicapés ont été scolarisés à la rentrée 2006», contre «90.000» en 2002.

«Un droit toujours pas respecté»

Les associations sont rapidement montées au créneau pour nuancer ces bonnes nouvelles. La Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap (Fnaseph) a même clamé sa colère en déclarant que «la scolarisation est un droit qui, à ce jour, n'est toujours pas respecté». «Scolariser son enfant reste un parcours du combattant sans cesse plus contraignant et les enseignants ne sont pas formés à l'accueil des élèves en situation de handicap», déplore la Fnaseph.

L'Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei) a pour sa part rappelé que «plus de 5.000 enfants handicapés mentaux, pour lesquels l'intégration scolaire ne peut-être que très partiellement possible, attendent une solution éducative véritablement adaptée». L'Unapei a également demandé que «des moyens d'information et de formation pour les enseignants» soient «mis en oeuvre sans délais ainsi qu'un statut et une formation pour les assistants de vie scolaire (AVS) et les emplois de vie scolaire (EVS)».

«Insertion mise en péril»

Du côté des socialistes, le député Jean-Marie Le Guen, responsable du dossier santé au sein du groupe PS à l'Assemblée nationale, a estimé que «l'insertion des enfants handicapés» était «mise en péril» par les gouvernements de droite, en dépit des promesses de Nicolas Sarkozy. Citant en exemple la situation dans sa circonscription du 13e arrondissement de Paris, Jean-Marie Le Guen indique qu'«il a été aveuglément décidé de fermer une classe» dans une école élémentaire «alors que cet établissement est le seul du quartier à avoir une Classe d'intégration scolaire (CLIS 4) permettant à des enfants atteints d'un handicap moteur de pouvoir suivre un cursus scolaire ordinaire». «Alors! Que M. Sarkozy ne promette pas ce qu'il n'a jamais défendu», conclut le député PS.