«Parfaitement indépendant» ou «proche du Medef»

Pierre Koetschet

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C’était un atout maître dans la manche de Nicolas Sarkozy: l’institut Coe-Rexecode avait évalué les politiques économiques promises par les différents candidats et n’était pas vraiment tendre avec Ségolène Royal: «On constate que pour l’un des projets (S.Royal) l’objectif affiché de diminution du poids de la dette publique dans le PIB est tout à fait incompatible avec les mesures budgétaires annoncées.»


Rexecode
envoyé par lefigaro

Comme à de nombreuses reprises au cours de la campagne, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à brandir à nouveau cet argument, précisant que les auteurs de cette étude sont «parfaitement indépendant.»

«Proche du Medef»

Une attaque immédiatement balayée par Ségolène Royal d’un «Rexecode, on connaît la musique, c'est l'organisme du Medef». Lors de la présentation de l’étude, Rexecode avait d’ailleurs souvent été présenté comme «proche du Medef».

Si les liens avec le Medef ne sautent pas immédiatement aux yeux, Coe-Rexecode n’est pas pour autant vraiment indépendant. «Coe-Rexecode résulte du rapprochement des équipes du COE de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris et de l’association Rexecode, peut-on lire sur le site de l’institut. C’est désormais le premier centre français d’analyse et de prévisions macroéconomiques indépendant des pouvoirs publics. Largement tourné vers les entreprises et le monde professionnel, Coe-Rexecode est ouvert à toute entreprise, organisation professionnelle ou organisme public qui désire être directement et immédiatement informé des changements qui s’opèrent dans leur environnement macro-économique et financier.»

Nommé par Lionel Jospin

Pour prouver sinon l’indépendance, au moins la neutralité de l’institut, Nicolas Sarkozy a expliqué que son dirigeant, l’économiste Michel Didier avait conseillé Lionel Jospin. Après consultation de son CV, il a effectivement été nommé au Conseil d’analyse économique en 1997 par Lionel Jospin. Un organisme chargé «d'éclairer, par la confrontation des points de vue et des analyses, les choix du gouvernement en matière économique». Une nomination pas vraiment partisane: Michel Didier est toujours membre du CAE et «conseille» donc Dominique de Villepin après Jean-Pierre Raffarin.