Face-à-face Royal-Sarkozy

PRESIDENTIELLE A suivre sur 20minutes.fr, le débat en direct...

P. K.

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A quatre jours du second tour, les finalistes de la présidentielle française se retrouvent mercredi soir en face-à-face pour un débat télévisé très attendu, où la socialiste Ségolène Royal joue son va-tout pour tenter d'inverser la tendance face au favori de droite Nicolas Sarkozy.
A quatre jours du second tour, les finalistes de la présidentielle française se retrouvent mercredi soir en face-à-face pour un débat télévisé très attendu, où la socialiste Ségolène Royal joue son va-tout pour tenter d'inverser la tendance face au favori de droite Nicolas Sarkozy. — Bertrand Guay Thomas Coex AFP/Archives
L'avant débat

«Un débat asphyxié ne ferait du bien ni à l'un, ni à l'autre», explique le politologue Dominique Reynié. Voilà qui promet pour le débat, qui devrait commencer dans une petite dizaine de minutes. En attendant, vous pouvez suivre le début de la demi-finale retour de ligue des champions entre l'AC Milan et Manchester United. C'est très animé, et c'est ici.

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Les candidats sont tous les deux arrivés, ils se préparent, nous aussi. Ségolène Royal est au rez-de-chaussée, Nicolas Sarkozy au premier étage. Ils ne devraient pas se croiser avant de rentrer sur le plateau.

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20h18:
Ségolène Royal arrive à Boulogne, où est filmé le débat. Comme d'habitude, elle est habillée en noir et blanc. Elle est accompagnée de Julien Dray.

Nicolas Sarkozy l'avait précédée de quelques minutes. Il était habillé d'un costume sombre et d'une cravate rayée.

Ça y est, les questions d’intendance ont été réglées : Nicolas Sarkozy parlera en premier, sept thèmes seront abordés et il n’y aura pas de plans de coupe. Voilà pour les principales règles, maintenant place au débat. Le premier dans l’entre-deux tours depuis 1995, puisque Jacques Chirac avait refusé de débattre en 2002.

LE PLATEAU DU DEBAT SARKOZY / ROYAL
envoyé par sprod

Nicolas Sarkozy, en tête dans les sondages, y fonde de grands espoirs, tout comme Ségolène Royal. «Il peut faire basculer 2% des électeurs», estime François Hollande dans «Le Canard Enchaîné». Officiellement, les deux candidats dédramatisent.

Ils se préparent tout de même d’arrache-pied depuis quelques jours, avec sparring-partners et chausse-trappes à éviter.

En attendant, en apéritif et en vidéo, leur premier affrontement télévisé.

Le débat commence.
Les deux candidats étaient déjà assis. Ségolène Royal a déjà une seconde de temps de parole décomptée.
Patrick Poivre d'Arvor annonce qu'il y aura quatre grands chapitres, les institutions, l'économie, les questions de société et la politique étrangère.

Première surprise, avant de commencer Patrick Poivre d'Arvor demande aux candidats comment ils se sentent. Ségolène Royal, apparement tendue est «contente d'être là», Nicolas Sarkozy est «concentré».

Nicolas Sarkozy parle en premier et déroule ses thèmes habituels: il veut une présidence du «résultat». Il veut des nominations encadrées, des ministres avec des lettres de mission et pas plus de deux mandats par président.

«Tolérance zéro»

Ségolène Royal, elle, commence par parler de la dette, un clin d'œil aux partisans de François Bayrou. Première pique de Ségolène Royal face à la «tolérance zéro» promise par Sarkozy il y a cinq ans.

Nicolas Sarkozy assume. «J'ai trouvé une situation catastrophique». Il ne cesse de tripoter son stylo. Nicolas Sarkozy joue du contrepied et a dû déjà dire quatre fois «vous avez raison» à Ségolène Royal pour mieux lui couper l'herbe sous le pied. Il propose aux fonctionnaires un «pacte de progrès», un vocabulaire très ségoliste.

Service public

Ségolène Royal réplique et elle aussi coupe l'herbe sous le pied de Nicolas Sarkozy. Elle veut faire raccompagner à leur domicile les femmes policières quand elles sortent du commissariat. Nicolas Sarkozy voulait ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, une option rejetée par Ségolène Royal qui ne veut pas supprimer de postes pour maintenir le niveau de service public.

Autre proposition de Ségolène Royal, une nouvelle réforme de l'Etat «pour qu'il soit plus rapide et plus économe».

Premier affrontement à fleuret moucheté, Ségolène Royal ne laisse pas la parole à Nicolas Sarkozy qui tente d'en placer une: «si vous me permettez», il réussi finalement à avoir la parole.

Nicolas Sarkozy déroule ses propositions contre les délinquants sexuels et des peines plancher. Ségolène Royal l'interrompt pour souligner qu'il avait déjà promis la tolérance zéro en 2002. Nicolas Sarkozy dément.

«Ségolène Royal est technique. Elle énonce sept chiffres - non huit - en moins de 67 secondes» commente Jules de diner's room.

«
Vous n'avez pas fait cette loi, Pourquoi?»

Affrontement sur les postes de fonctionnaires à supprimer ou à créer. «Sur les multirécidivistes, vous avez été quatre ans au ministère de l'Intérieur, vous n'avez pas fait cette loi, Pourquoi?» interroge Ségolène Royal, qui propose aussi de répondre plus sévèrement au premier acte de délinquance. Priorité à la prévention et à la sanction au premier acte de délinquance pour Ségolène Royal.

Ségolène Royal passe aux allègements de charge, aux impôts sur les sociétés. Elle veut aider les petits entreprises, et rénover le dialogue social. Elle attaque sur les thèmes économiques, alors qu'on n'en est qu'au début du débat. Patrick Poivre d'Arvor recadre le débat sur les institutions.

Nicolas Sarkozy se permet une petite leçon à Ségolène Royal, lui demandant de ne pas mélanger tous les sujets. «Laissez-moi la responsabilité de mes propos», tance la candidate PS.

«Le salaire n'est pas l'ennemi de l'emploi»

Nicolas Sarkozy attaque les sujets économiques lui aussi. «Le salaire n'est pas l'ennemi de l'emploi.» Il s'oppose aux 35 heures et s'engage sur le plein-emploi. Plus concentré, il a lâché son stylo.

«Ne déformez pas mes propos»

«Ne déformez pas mes propos», contre-attaque Ségolène Royal. Affrontement violent sur les budgets. Nicolas Sarkozy fait le professeur: «vous ne pouvez pas le faire». Réponse cinglante de Ségolène Royal: «Si vous ne pouvez faire, pourquoi voulez-vous accéder aux responsabilités?»

Versac commente: «Ségolène ne diminuera pas le nombre de fonctionnaires. Même pas un petit chouia? Elle n'aurait pas pu la jouer sur une réallocation, pour faire plaisir aux centristes? Ceci-dit, elle n'est pas trop mauvaise, sur ce point, moins dogmatique, mais embrouillée, ne faisant pas assez de pauses dans son discours.»

Ségolène Royal défend son idée des emplois tremplins, et attaque le coûts de l'éxonération des heures supplémentaires proposée par Nicolas Sarkozy.

Première interruption de Ségolène Royal par Patrick Poivre d'Arvor. Nicolas Sarkozy récupère la parole et en remet une couche sur le partage des temps de parole.

Jules s'exclame: «Ségolène Royal veut garantir "la sécurité économique de l'économie de la France". Je ne suis pas malheureux d'être content. Nicolas Sarkozy propose "qu'il n'y ait plus aucun délinquant sexuel"!»

Nicolas Sarkozy ressort l'argument de l'organisme Rexecode selon lequel le programme de Séglène Royal couterait des points de croissance. «C'est l'institut du Medef», répliqueSégolène Royal.

Nicolas Sarkozy propose un service public de l'emploi. «Si vous continuez avec les 35 heures, est-ce que vous les généralisez, est-ce que vous les gardez ou est-ce que vous pensez comme moi» qu'il faut les libéraliser?

Réponse de Ségolène Royal. Les 35 heures sont un progrès social. «Laissez moi terminez la-dessus», demande Nicolas Sarkozy. «Non», rétorque Ségolène Royal. Nicolas Sarkozy essaie de l'interrompre sur le pouvoir d'achat. Echec. Ségolène Royal veut rediscuter sur les 35 heures. «Ce seront aux partenaires sociaux d'en discuter.»

«Aujourd'hui, la vraie bataille, c'est l'économie de la connaissance», attaque Ségolène Royal, qui revendique le soutien du mouvement Sauvons la recherche.

Nouvelle passe d'armes entre les deux candidats. Cela devient une habitude. Nicolas Sarkozy reprend le fil et attaque les 35 heures. «A quoi ça sert d'avoir des RTT si on n'a pas d'argent pour emmener ses enfants en vacances?» Sur le pouvoir d'achat, Nicolas Sarkozy entend conditionner les allègements de charge à la politique salariale des branches. «Nous le demandons depuis cinq ans», réplique Ségolène Royal.

Patrick Poivre d'Arvor reprend la main et tente une question. Ségolène Royal l'ignore et rebondit sur les dernières phrases de Nicolas Sarkozy.

Versac s'inquiète: «Royal est bien sur le dialogue social, non? Centraliste et autoritaire sur les effectifs et négociatrice sur le droit social, voilà quand même un curieux mélange.
Est-ce une impression, ou Royal a-t-elle plus droit à des plans larges et Sarkozy à plus de plans serrés ?
Je n'ai plus de batterie. Et j'ai oublié les rallonges. Pas de prise à proximité, le live va-t-il continuer?»

«Je serais la présidente de la République qui fera en sorte que la matière grise reste en France», s'enflamme Ségolène Royal. Je sais que ce que je dis, je le réaliserais. je serait la présidente de ce qui marche, sans œillères.»

«Moi, je voudrais être le président qui fait que ce qui ne marche pas, marche», répond Nicolas Sarkozy.

Les pôles de compétivité fonctionnent, assume Nicolas Sarkozy. Ségolène Royal n'est vraiment pas d'accord. PPDA essaie encore de recentrer le débat, peine perdue.

Commentaire de Koz, toujours aussi fan de Sarkozy, qui a utilisé les réactions prêtes à l'emploi de Jules: «Nicolas Sarkozy a fait la démonstration de son incapacité à se contrôler. Sa nervosité et son agressivité tout au long du débat sont la démonstration de ce que cet homme ne saurait exercer les fonctions de président de la République et justifient toutes les craintes à son endroit. Ségolène Royal, comme à son habitude, a été incapable de dépasser le stade des poncifs et des invectives. A aucun moment, elle n¹a été en mesure d¹éclairer les Français sur le projet qu¹elle entend porter, se contentant de tenter de dresser les Français contre Nicolas Sarkozy. Son incapacité à présenter un projet cohérent et son ignorance des grands enjeux pour la France confirment tous les doutes sur sa qualification pour exercer les fonctions de président de la République.»

Pour la fine bouche, l'AFP donne le verbatim des différentes passes d'armes. Cela change du Jospin-Chirac de 1995

- Nicolas Sarkozy : «Mme Royal a évoqué tous les sujets en même temps, elle
risque de les survoler et de ne pas être assez précise.»
- Ségolène Royal : «Laissez-moi la responsabilité de mes prises de parole, si vous le voulez bien.»
- Nicolas Sarkozy: «Je ne me permets pas de critiquer, mais je veux seulement vous faire remarquer...»
- Ségolène Royal: «Non, c'est très cohérent au contraire.»
- Nicolas Sarkozy: «Si vous parlez de tout en même temps, on ne va pas pouvoir approfondir...»
- Ségolène Royal: «Mais tout se tient, tout se tient, la dette et la relance économique, ça se tient.»

Un peu plus tard, sur le recrutement des fonctionnaires:

- Ségolène Royal: «Au moment du départ à la retraite, au lieu de recruter des douaniers, je recrute des infirmières.»
- Nicolas Sarkozy: «Non, ce n'est pas possible, Madame.»
- Ségolène Royal: «Ah bon ce n'est pas possible? Vous plaisantez? (...) Si vous ne pouvez pas faire, pourquoi voulez-vous accéder aux responsabilités? Eh bien moi, je le pourrai.»

Peu après, sur le chiffrage des projets par l'institut Rexecode:
- Ségolène Royal: «Rexecode: on connaît la musique, c'est l'organisme du Medef. Voilà merci le Medef.»
- Nicolas Sarkozy: «Pourquoi toute personne qui n'est pas de votre opinion, vous la traitez avec ironie, voire avec mépris?»

Retour au débat. Passe d'armes sur les retraites. Décidement, on ne s'ennuie pas. Ségolène Royal va-t-elle remettre à plat les lois Fillon? Nicolas Sarkozy essaie de poser la question. «Cessez de m'interrompre, parce que je connais bien la technique, grince Royal.»

On a dépassé la mi-temps du débat. Ségolène Royal est largement en tête au niveau du temps de parole. Elle ne lâche pas le micro. A se demander si ce n'est pas une tactique...

Encore une fois, Nicolas Sarkozy veut se placer au-dessus de la mêlée. Un clin d'oeil aux électeurs bayrouistes?

Il ne reste plus que vingt minutes à Manchester pour retourner la situation à Milan. Si vous voulez faire une pause dans ce débat «d'un très bon niveau», comme le dit Nicolas Sarkozy, c'est ici.

«Moi, je n'oppose pas les uns aux autres», attaque Ségolène Royal. «Ça n'est pas ma conception du pouvoir péremptoire et unilatéral». Nicolas Sarkozy se gausse de «la grande discussion».

A Nicolas Sarkozy de parler de fiscalité. «Je n'en fais pas un problème idéologique», attaque-t-il. «On ne peut pas faire l'Europe quand on à le taux d'imposition le plus élevé.»

«Quel dommage que vous n'ayez pas fait ça pendant cinq ans», rétorque Ségolène Royal. «Alléluia», s'illumine Nicolas Sarkozy, constatant un point d'accord, la présidence de la Commission des finances pour l'opposition.

Nous voulions regarder le débat sur France 2, nous avons dû nous rabbatre sur TF1.
Apparemment, nous n'étions pas les seuls. C'est sur le blog de Jean-Marc Morandini: «Selon nos constatations, le son du débat sur France 2 est inaudible depuis la première seconde, sur France 2, sur la TNT à Paris et sur le satellite Canal Sat, sur TPS et sur le son par ADSL. Une panne technique incroyable alors que le son est impeccable sur TF1!»

Sévère passe d'armes sur le bouclier fiscal. «4.000 euros, ce n'est pas beaucoup» souligne Nicolas Sarkozy. Que les hauts salaires lèvent le doigt.

Nicolas Sarkozy déroule ses propositions sur l'environnement. Cela plaît-il aux centristes? Réponse ici.

Nicolas Sarkozy répond enfin à la question sur le logement. Il veut favoriser l'accès à la propriété. Il a aussi dans le collimateur les droits de succession.

Ségolène Royal attaque elle aussi sur l'environnement.
Pour Nicolas Sarkozy, 50% de l'électricité est issue du nucléaire. 17% selon Royal. On sent que ni l'un, ni l'autre ne maitrise bien le sujet. «Vous avez une approche très approximative sur un sujet grave», tacle Ségolène Royal, qui enchaîne, très professorale: «Cela peut arriver».

Débat sur l'EPR et sur la pénurie d'uranium. Nicolas Sarkozy essaie de se sortir de ses propres contradictions en attaquant une Ségolène Royal écartelée entre Les Verts et Jean-Pierre Chevènement, aux positions diamétralement opposées.

Après l'EPR, on parle éducation. Significativement, Nicolas Sarkozy préfère parler de maître que de prof, et ressort la vieille idée d'études surveillées. Ségolène Royal annonce le retour des emplois jeunes et du soutien scolaire gratuit et individualisé. Le débat manque un peu de rythme. Pourtant, il ne reste plus qu'un quart d'heure.

En 1974, c'était «l'homme du passé», en 1981, «l'homme du passif», selon vous, quelle sera la phrase choc de ce débat?

Ségolène Royal a le doigt pointé
en avant, un geste pourtant considéré comme agressif. Nicolas Sarkozy a une main arrondie en l'air qui s'ouvre et se ferme au gré du discours.

Le quatrième chapitre devait porter sur la politique étrangère. Il ne reste plus qu'une dizaine de minutes. Ce n'est pas encore aujourd'hui qu'on entendra parler d'Europe.

«Soyez sérieux, c'est ça la conception de la société que vous nous proposez, d'aller au tribunal pour demander une place en crèche?» Attaque de Ségolène Royal. Arlette Chabot aimerait qu'on parle d'Europe. Nicolas Sarkozy acccuse Ségolène Royal d'être méprisante. Elle l'accuse de se poser en victime.

«La larme à l'oeil»

«Je pense que l'on entend le summum de l'immoralité politique. Jouer avec le handicap est proprement scandaleux.» Attaque sans pitié de Ségolène Royal qui critique «la larme à l'oeil» de Nicolas Sarkozy. Très violente attaque. Nicolas Sarkozy lit ses fiches.

«Calmez-vous», essaie de déminer Nicolas Sarkozy. «Je ne me calmerais pas devant les injustices». NIcolas Sarkozy très calme, mais Ségolène Royal l'empêche de respirer. Le candidat UMP a failli paraphraser la fameuse phrase sur le monopole du coeur.


PPDA essaie de parler d'Europe, il se fait couper par Ségolène Royal. Est-ce le moment pivot du débat?

«Je ne vous en veux pas, parce que cela peut arriver à tout le monde de s'énerver», tacle Nicolas Sarkozy. «Je ne m'énerve pas, je me révolte», répond Ségolène Royal.

Enfin, on parle d'Europe. la tension baisse d'un cran.
Gros retard de temps de parole de Nicolas Sarkozy, qui a maintenant plus de trois minutes de retard à combler sur un sujet où il n'est pas forcément très à l'aise.

«Ceux qui souhaite l'entrée de la Turquie dans l'Europe, c'est ceux qui veulent la mort de l'union politique.» Nicolas Sarkozy essaie de coincer Ségolène Royal sur sa volonté de faire rentrer la Turquie en Europe ou pas. Ségolène Royal essaie d'esquiver. On l'a connu plus convaincante.

Et ça recommence sur la Turquie. Ces deux-là essaient de s'interrompre tout le temps. Après la Turquie, l'Iran. Ça sent la fin. On parle maintenant d'Afrique. «Ce qui se passe au Darfour est un scandale absolu», explique Nicolas Sarkozy, qui en profite pour parler d'immigration.

Du Darfour à la Chine. Nicolas Sarkozy a refait son retard sur le temps de parole. Ségolène Royal reprend la main. Elle appelle à plus de coopération avec les pays du sud de l'Europe. «Je crois profondément au co-développement».

De l'immigration aux sans-papiers. Nicolas Sarkozy s'oppose aux régularisations globales. «C'est un signal envoyé à tous les réseaux de trafiquants.» Il propose une régularisation au cas par cas.

«Je n'ai jamais demandé de régularisation globale», rétorque Ségolène Royal qui pécise qu'elle n'irait pa «arrêter un grand-père devant une école. Ne jouez pas sur la misère des gens.». Et elle attaque: «Ne plaisantez pas avec ces sujets, ne faites pas de dérision

On parle institutions. Nicolas Sarkozy ne veut pas changer. «Ceux qui parlent de la VIe République veulent le retour de la IVe». Nicolas Sarkozy, qui considère que la Ve marche bien, n'a rien à proposer sur ce sujet, mais il doit parler plus de deux minutes sur le sujet pour rattraper son retard au temps de parole.

«Ségolène Royal n'est pas là par hasard.»

«Il n'y aura plus une seule loi votée si la loi précédente n'est pas appliquée», répond Ségolène Royal, qui a elle des propositions, mais sans doute pas le temps de les développer. «Je ne veux pas de textes comme le CPE votés de force à l'Assemblée nationale.»

C'est l'heure de la conclusion. PPDA et Arlette Chabot demande à chaque candidat ce qu'ils pensent de l'autre. Selon Sarkozy, «Ségolène Royal n'est pas là par hasard.»

Ségolène Royal s'abstient de jugement de personnalité. «Vous êtes sun partenaire de ce débat démocratique. Ce qui est important c'est le choix de société que nous incarnons.»

Conclusion: trois minutes chacun

NIcolas Sarkozy «croit à l'action. Je veux passionnément agir au service de mon pays.» On sent un peu le discours appris par cœur. «Je ne crois pas à l'assistanat, à l'égalitarisme.» «Tout ce que j'ai dis, je le ferais», assure Nicolas Sarkozy, avec conviction.

A Ségolène Royal. «Je veux m'adresser à ceux qui hésitent encore.» Elle parle de choix de responsabilité, d'avenir, et invoque Angela Merkel. «Je veux être au service de la France.» C'est maintenant que Ségolène Royal joue la carte de femme et de mère de famille.
«Je veux rassembler les énergies de ce pays. Je veux une France créative et imaginative.»

C'est la fin de ce débat, qui a duré plus de deux heures et demie. Ségolène Royal a parlé 74 minutes et 20 secondes, Nicolas Sarkozy 72 minutes. Un beau débat, animé, parfois vif, rarement lassant.

20minutes.fr a couvert le débat en direct. A vos commentaires.