Qui est Gérard Bapt, député socialiste mis en cause dans le voyage en Syrie?

POLEMIQUE Le député socialiste, très critiqué depuis son voyage en Syrie, devra passer devant les membres de la Haute autorité du Parti socialiste…

Oihana Gabriel
Portrait de Gérard Bapt.e
Portrait de Gérard Bapt.e — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

Le PS n’en finit plus de se déchirer. Après les crispations autour de la loi Macron, c’est au tour de la Syrie de s’inviter dans les querelles internes au parti. En cause, la visite de quatre députés français, dont un socialiste, en Syrie. Et certains d’entre eux ont rencontré Bachar Al Assad. Suscitant une vive polémique… Qui est Gérard Bapt, ce socialiste par qui le scandale arrive?

Spécialiste des questions de santé

Cet ancien cardiologue de 69 ans est député de Haute Garonne depuis 1997. L’homme politique est en pointe sur les questions de santé: il préside la mission d'information  sur le Mediator et fonde le club Hippocrate, un cercle de réflexion parlementaire sur les questions de santé. Et il a proposé en 2013 la taxation sur les boissons énergisantes. Mais c’est en tant que président du groupe d'amitié France-Syrie qu’il s’est fait connaître.

La visite… et son message

Quatre élus français à Damas, sourires et serrements de mains avec Bachar al-Assad: l'image défie la ligne officielle de la France, qui exclut tout contact avec le président syrien. Et donne de l'eau au moulin de ceux qui souhaitent reprendre des relations avec le régime. Depuis le début de la guerre en Syrie, qui a fait plus de 210.000 morts en quatre ans, la France campe sur une ligne dure, exigeant le départ du président Bachar al-Assad. Pourtant face au péril représenté par Daesh, certains commencent à considérer Assad comme un moindre mal…

>> Syrie: Pourquoi la France ne renouera pas avec al-Assad contre Daesh

Un discours inacceptable pour l’exécutif. Le Président a «condamné» cette visite. Et Manuel Valls évoque «une faute morale» de ces élus qui ont rendu visite au «boucher» Assad. Mauvais présage pour Bapt.

«Très touché par tout ce qui s'est passé»

Mais lundi, le patron des députés socialistes a rejeté toute sanction à l'égard de Gérard Bapt (PS). Bruno Le Roux a trouvé que Gérard Bapt était «très touché par tout ce qui s'est passé», et «il regrette tout ce battage qui est fait autour. Dans un communiqué, Bruno Le Roux déclare: «Compte tenu de cette situation, nous avons adressé une demande de suspension à Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale». Une solution soutenue par Gérard Bapt. Le groupe est donc suspendu? «Oui, mais il faut quand même que je demande l'avis du bureau de ce groupe qui, j'espère, suivra cette proposition».

Entendu par la Haute autorité du Parti socialiste

Pourtant, le patron des socialistes, s'est montré très remonté. Il a assuré dans un communiqué que «nul parlementaire ne peut, de son propre chef, rétablir des relations diplomatiques avec un dictateur qui a gazé son peuple». Reçu à Solférino ce mardi après-midi, Gérard Bapt va passer devant les membres de la Haute autorité du Parti socialiste, une décision que lui a présentée Jean-Christophe Cambadélis. Cette instance peut prononcer après examen du dossier et auditions, des sanctions allant du blâme à l'exclusion. Le premier secrétaire «m'a dit que ce n'était pas le moment, le bon contexte», pour se rendre en Syrie, tout en disant qu'il «comprenait ma démarche» a expliqué l’élu mis en cause.

Comment le député se disculpe

Selon lui, il n'a pas rencontré Assad. Et a prévenu l’Elysée avant de partir en Syrie. Sur LCP.fr, le député de Haute Garonne va plus loin et tance ses acolytes, qui l’auraient trompé. «Deux éléments n’ont pas été respectés par mes collègues de l’UMP: on ne devait pas rencontrer Bachar el-Assad, et on ne devait pas faire de réactions à la presse. Jacques Myard a répondu à toutes les interviews, je ne le connaissais pas comme ça. Il s’est d’ailleurs fait engueuler par les sénateurs…», assure l'élu sur le site de la chaîne parlementaire. «Je comprends que cela ait pu gêner le gouvernement, mais je ne me sens pas concerné par la faute morale parce que je n’ai pas vu Assad.»