Propositions économiques: Nicolas Sarkozy fait du neuf avec du vieux

ÉCONOMIE Dans un long entretien publié ce lundi 2 mars par Le Figaro, l'ancien chef de l'Etat dévoile sa «politique alternative» pour la France.

Agnès Chareton
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Nicolas Sarkozy lors d'une réunion le 19 février 2015 à Chalon-sur-Saône
Nicolas Sarkozy lors d'une réunion le 19 février 2015 à Chalon-sur-Saône — Jean-Philippe Ksiazek AFP

Emploi, fiscalité, retraites, dépenses publiques... Dans un entretien publié par Le Figaro ce lundi 2 mars, Nicolas Sarkozy détaille une batterie de mesures qui incarnent la «politique alternative» qu'il souhaite opposer à celle de François Hollande. « Notre situation économique est particulièrement angoissante » diagnostique le président de l'UMP, qui affirme que «l'espoir pour les Français ne pourra venir que d'une politique économique radicalement différente de celle que nous subissons depuis trois années.» Bon nombre de ses propositions ont pourtant un air de déjà-vu. Tour d'horizon.

Juguler les dépenses publiques

«Nous devons revenir à un niveau de dépenses publiques équivalent à 50 % du PIB et inscrire ce chiffre dans la Constitution, pour qu'il ne puisse plus être dépassé», affirme Nicolas Sarkozy, alors que les dépenses publiques représentent aujourd'hui 57% du PIB du pays. Une proposition qui ne va pas sans rappeler la «règle d'or» de retour à l'équilibre budgétaire, qui faisait partie de ses promesses de campagne en 2012, en cas de réélection, comme on peut le lire dans cet article du Point.

Réduire le nombre de fonctionnaires

Afin de maîtriser les dépenses publiques, Nicolas Sarkozy veut tailler dans les effectifs de la fonction publique.«Il faudra revenir à la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et surtout l'imposer à la fonction publique territoriale, notamment en changeant la Constitution pour rendre cette règle compatible avec l'autonomie de gestion des collectivités territoriales» martèle le président de l'UMP. Cette règle, qu'il avait instaurée aussitôt élu président de la République, en 2007, a été supprimée par François Hollande. «Nous avons supprimé 150.000 postes de fonctionnaires en 5 ans», entre 2007 et 2012, rappelle Nicolas Sarkozy. Il prône aujourd'hui de «recruter prioritairement dans la fonction publique avec des contrats de cinq ans quand le poste le justifie.»

Rétablir les heures supplémentaires défiscalisées

Augmenter le temps de travail du secteur public est «impératif» pour Nicolas Sarkozy. Pour y parvenir, il veut «renégocier les accords sur le temps de travail dans la fonction publique», et en contrepartie «rétablir les heures supplémentaires défiscalisées». La défiscalisation et l'exonération de cotisations sociales des heures supplémentaires était une mesure-phare de son quinquennat, le fameux « travailler plus pour gagner plus.» La mesure a été supprimée par François Hollande à son arrivée à l'Elysée ainsi que le «jour de carence en cas de maladie dans la fonction publique», que Nicolas Sarkozy souhaite également rétablir.

Supprimer l'impôt sur la fortune

«La France est écrasée d'impôts et il est fondamental que la France et l'Allemagne convergent en matière fiscale», martèle Nicolas Sarkozy, qui préconise en ce sens une suppression de l'ISF. L'harmonisation des politiques fiscales françaises et allemandes était un axe fort de son quinquennat, comme on peut le lire dans cet article des Echos de 2010. En matière de fiscalité, le président Nicolas Sarkozy avait toutefois préféré le «bouclier fiscal» (plafonnement de l'impôt maximal à 50% des revenus) plutôt que la suppression de l'ISF.