Le «FNPS» de Sarkozy fait enrager la gauche

REACTIONS Plusieurs responsables socialistes ont réagi aux déclarations de l'ex-chef d'Etat UMP...

20 Minutes avec AFP
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Jean-Marie Le Guen à l'Assemblée nationale le 19 février 2015.
Jean-Marie Le Guen à l'Assemblée nationale le 19 février 2015. — ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA

Ca ne passe pas. Plusieurs socialistes ont déjà réagi au «FNPS» de Nicolas Sarkozy. L’ex-chef de l’Etat a employé cette expression dans une interview accordée au Figaro. Il a plus précisément déclaré: «Voter pour le FN au premier tour, c'est faire gagner la gauche au second. C'est le FNPS!».

Un argument «incompréhensible» pour Mandon

Sur France 2, Thierry Mandon, le secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat et à la simplification, a qualifié d'«incompréhensible» l'argument du «FNPS» présenté par Nicolas Sarkozy pour dissuader de voter pour le parti de Marine Le Pen.

«Il y a un vrai sujet de crédibilité de propositions et à mon avis, cela explique une des raisons de la montée du Front national: la faiblesse du programme de l'UMP, ces propositions qui ne sont, ni plus ni moins, que revenir à une politique qui a échoué», a dit Thierry Mandon, qui a accusé l'ex-chef de l'Etat de proposer «une sorte de retour vers le futur». Par exemple, «revenir vers la suppression d'un fonctionnaire sur deux», «revenir à des baisses d'impôts pour les plus favorisés».

«Ca ne parle plus à personne», estime Le Guen

«Je trouve ça assez consternant. Ce sont des jeux politiciens qui ne veulent rien dire à personne», a réagi Jean-Marie Le Guen, en charge des Relations avec le parlement, sur iTELE. Dans l’interview accordée au Figaro, il n’y a «pas un mot sur son bilan», «pas une proposition nouvelle», a-t-il accusé.

«Ce qui me choque dans cette affaire et qui sera grave à mon avis pour lui, c'est qu'il ne combat pas le FN sur le terrain des idées, des valeurs», a poursuivi Jean-Marie Le Guen. «Il croit pouvoir s'en sortir par une petite manœuvre politicienne. Ca ne parle plus à personne».

«Une absence de stratégie inquiétante», pour Le Roux

Dans un communiqué, Bruno le Roux, chef de file de députés PS, dénonce des «platitudes et ringardises» du président de l'UMP. «L'alternative qu'il prétend incarner n'est qu'un laborieux recyclage de ce qu'il a fait et raté durant son quinquennat».

«A ce vide de propositions, Sarkozy ajoute une absence de stratégie inquiétante vis-à-vis du Front national. Alors que sa progression appelle un sursaut des formations républicaines, Sarkozy continue de l'alimenter en copiant ses idées et en s'enferrant dans un dangereux ni-ni entre la gauche et l'extrême-droite», ajoute le député PS.

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, a estimé qu'après avoir «ouvert la porte» au FN «avec ses "Buissonneries"», allusion à l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy Patrick Buisson, l'ancien président «le met sur le même plan que le Parti socialiste, un parti républicain, lui!».

Pas «si crédible» pour Dupont-Aignan

A droite aussi, des voix s'élèvent contre les déclarations de l'ancien chef de l'Etat. Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, a ainsi jugé qu'une telle collusion n'est pas «si crédible». «Je pense que nos concitoyens en ont assez de toutes ces politicailleries», a ajouté le député de l'Essonne sur Sud Radio.

«Je ne crois pas que ceux qui ont créé les problèmes puissent les résoudre», selon lui. Il faut «des gens neufs» et donc «en finir avec cette vieille classe politique qui a échoué», a conclu l'ex-candidat à l'Elysée.