Parité en politique: Où en est-on?

EGALITE Selon un rapport du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) dévoilé ce jeudi, les partis politiques doivent encore faire des efforts pour faire progresser la représentation des femmes lors des élections...

Delphine Bancaud

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Johanna Rolland a été élue maire par le conseil municipal de Nantes, le 04 04 2014.
Johanna Rolland a été élue maire par le conseil municipal de Nantes, le 04 04 2014. — Sébastien Salom-Gomis/SIPA

L’entre-soi masculin serait-il toujours de mise en politique? Le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) a rendu public ce jeudi son rapport sur le sujet et constate qu’après 15 ans d’existence, le principe de parité en politique suscite toujours de fortes résistances. «Dans ce domaine, il n’y a rien de spontané en France. Quand il n’y a pas de contraintes légales, il n’y a pas de parité», résume Danielle Bousquet, présidente du HCE. La preuve par les chiffres.

Lors des élections pour lesquelles il existe une contrainte légale, en matière de représentation des femmes, la parité est presque respectée. Ainsi aux dernières élections européennes, les femmes ont représenté 43,2% des eurodéputés français élus. Les Conseils régionaux comptent aussi 48% des conseillères régionales et 45,5% de vice-présidentes régionales. Dans les communes de 1.000 habitants et plus, 47,5% des adjoints au maire et 48,2% des conseillers municipaux sont des femmes.

Les postes stratégiques échappent encore aux femmes

Là où le bât blesse, c’est lorsque l’on compte sur l’évolution des mentalités pour faire avancer les choses. Car en l’absence de contrainte légale, les hommes demeurent encore très majoritaires parmi les maires (84%), les présidents de conseils départementaux (95%), régionaux (92,7%) ou d’intercommunalité (92,2%).

Et lorsqu’il existe une incitation légale, telle que les retenues financières pour non-présentation de candidatures paritaires aux élections législatives, les résultats sont peu probants. Ainsi 26,9% des députés sont des femmes. «Les partis politiques ont en effet eu tendance à présenter des femmes dans les circonscriptions plus difficiles, voire réputées ingagnables», note le rapport du HCE. Même constat au Palais du Luxembourg, où les sénatrices restent minoritaires (25%), tout comme les conseillères générales et départementales (16,3%).

Des enjeux pour les prochaines élections

Fort de ces résultats, le HCE appelle les partis politiques à faire progresser la parité à la tête des futurs départements et régions, lors des prochaines élections de 2015. Car si les binômes paritaires garantiront la parité des assemblées départementales, rien ne garantit que les présidents et les vice-présidents seront des femmes. Idem pour les élections régionales: si les listes seront nécessairement paritaires, les têtes de listes risquent de n'être que rarement des femmes. «Il faut que les partis politiques soient proactifs pour que la parité puisse progresser dans les exécutifs», insiste Danielle Bousquet.

D’autant que selon elle, le gouvernement a ouvert la voie en prenant différentes dispositions depuis 2012 pour favoriser la parité: l’instauration du non-cumul des mandats, la nomination de plusieurs femmes à des ministères clés, le volet parité dans la loi sur l’égalité réelle entre les hommes et les femmes… L’enjeu est de taille selon Danielle Bousquet, «car veiller à une meilleure représentation des femmes en politique, c’est un moyen de renouer le lien avec la population». Et à l’heure où la défiance des citoyens à l’égard des politiques est à son summum, cela semble encore plus crucial.