loi Macron: Les éditorialistes réagissent au rejet jeudi de la motion de censure

REVUE DE PRESSE Beaucoup soulignent la difficulté qu'aura le gouvernement à faire passer d'autres réformes...

20 Minutes avec AFP
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Le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l'Economie Emmanuel Macron à l'Assemblée nationale lors du débat sur la motion de censure de la droite, le 19 février 2015
Le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l'Economie Emmanuel Macron à l'Assemblée nationale lors du débat sur la motion de censure de la droite, le 19 février 2015 — Martin Bureau AFP

Après le rejet de la motion de censure contre le gouvernement concernant la loi Macron, plusieurs éditorialistes soulignent la fin de l'unité nationale qui avait prévalu après les attentats de janvier à Paris. Revue de presse.

L'Humanité. «Jeudi, devant l'Assemblée, le premier ministre […] a persisté dans l'aveuglement devant la situation catastrophique du pays et dans l'exaltation des cadeaux qu'ils déversent sur le patronat, avouant seulement sa déception que la droite ne l'ait pas accompagné sur [ce] texte», écrit Patrick Apel-Muller.

L'Opinion. «Cette pratique du coup de force permanent a des limites, si bien que le pouvoir sera naturellement enclin à s'autocensurer dans son action réformatrice pour éviter autant que possible de provoquer de nouveaux conflits, écrit Nicolas Beytout. Tout cela rend dorénavant le travail gouvernemental à peu près impossible, sauf à pratiquer la politique de l'eau tiède».

L'Est Républicain. « En poussant ses pions au bord du vide, Manuel Valls […] a jeté au feu les dernières illusions. Adieu à une majorité qui ne crut en l'union que le temps de l'onde de choc des attentats de janvier. Et, surtout, adieu au mirage de la réforme […], Philippe Marcacci.

Le Républicain Lorrain. «Autant dire que les autres réformes projetées ont du plomb dans l'aile. François Hollande et Manuel Valls, qui se croyaient sortis de l'ornière, paraissent au contraire condamnés à gérer les affaires courantes, quoi que proclame le second. Le fantasme d'une union sacrée s'est dissipé et chaque camp s'est retranché», écrit Pierre Fréhel.

Le Courrier Picard. «Décidément, le spectacle qu'offrent nos élites montre qu'ils ne tireront jamais les leçons des résultats des élections, avec des taux d'abstention records et de plus en plus de voix pour des partis protestataires», se désole David Guévart.

Sud Ouest. La grande séquence qui s'est achevée hier par un vote soutenant le gouvernement, après que le Premier ministre a sorti son 49-3, a dépassé tout ce à quoi nous pouvions nous attendre. (...) Un pétaradant Manuel Valls à la martiale attitude, fouettant et fustigeant. Et le bal des hypocrites d'une minorité se prétendant représentante d'une majorité de Français », s’indigne Yves Harté.

La Voix du Nord. Ce «front du refus» est en fait un assemblage au moins aussi hétéroclite que la loi qui l’a motivé ! Les députés Front de gauche - et encore pas tous - ont uni leurs voix à la motion déposée par l’UMP et l’UDI mais pour des raisons totalement opposées. (...) Les «frondeurs» n'ont pas franchi le Rubicon et Manuel Valls ne les a pas fustigés dans son discours», écrit Hervé Favre.

Le Journal de la Haute-Marne. «Il ne s'agit ici, au final, pas d'une victoire d'un camp contre l'autre, mais d'une défaite de toute la classe politique qui, soit dit en passant, n'agirait pas autrement si elle voulait favoriser l'inexorable montée du Front national.»