François Hollande en Alsace le 18 février 2015.
François Hollande en Alsace le 18 février 2015. — Christian Lutz/AP/SIPA

DEFENSE

François Hollande: «Le temps de la dissuasion nucléaire n'est pas dépassé»

Dans un monde dangereux, il ne «faut pas baisser la garde», a rappelé le chef de l'Etat dans le traditionnel discours sur le nucléaire donné par le Président au cours de son mandat...

Si on en doutait, un petit rappel: le monde est toujours dangereux. François Hollande a assuré jeudi qu'«il ne saurait être question (...) de baisser la garde » sur la dissuasion nucléaire compte tenu du «contexte international», dans un discours solennel sur ce thème prononcé sur la base aérienne d'Istres (Bouches-du-Rhône).

«Le contexte international n'autorise aucune faiblesse», a souligné le chef de l'État et des armées, estimant que «le temps de la dissuasion nucléaire n'est donc pas dépassé». Ainsi, selon lui, «il ne saurait être question, y compris dans ce domaine, de baisser la garde» même si la France «ne se sent pas directement agressée» et «n'a pas d'ennemi déclaré».

Un arsenal nucléaire modernisé

Pour préserver leur «crédibilité», il a officialisé, parmi d'autres programmes d'équipement de ces forces, sa décision de « ancer les adaptations futures du missile M51» destiné aux sous-marins lanceurs d'engins (SNLE) en dépit d'un «contexte budgétaire contraignant».

Rappelant la doctrine nucléaire française, le chef de l'Etat a fermement réaffirmé que toute atteinte aux  «intérêts vitaux» de la France se traduirait par une réplique nucléaire supposant «des dommages inacceptables pour l'adversaire (...) parce que chacun sait que lorsque la France parle, elle peut passer à l'acte».

«La possibilité de conflits étatiques futurs nous concernant ne peut pas être écartée»

«Dans un monde dangereux, et il l'est, la France ne veut pas baisser la garde», a insisté le chef de l'État, notant qu'il «est particulièrement grave de le constater: la possibilité de conflits étatiques futurs nous concernant directement ou indirectement ne peut pas être écartée».

«Dans le domaine du nucléaire militaire, de nouvelles puissances sont apparues ces vingt dernières années» et «d'autres cherchent encore à émerger», a-t-il fait valoir, voyant dans cet «accroissement du nombre d'États possédant l'arme nucléaire un risque majeur pour la paix dans les régions concernées, mais aussi pour la sécurité internationale».

«C'est le sens de notre position déjà depuis plusieurs mois, sinon des années dans les négociations avec l'Iran: oui au nucléaire civil, non à l'arme nucléaire», a poursuivi le président Hollande. «Le problème est que pour l'instant, l'Iran ne nous a pas encore démontré qu'il voulait renoncer à la bombe; mais dès qu'il le fera, l'accord sera conclu», a-t-il enchaîné.