Motion de censure: «S'il n'y a pas de clarification des frondeurs, cela se passera très mal»

INTERVIEW C'est ce qu'estime le député PS de Paris Christophe Caresche, très remonté contre les frondeurs...

Anne-Laëtitia Béraud

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Le député PS de Paris Christophe Caresche a demandé mercredi une commission d'enquête parlementaire sur l'établissement public gestionnaire du quartier d'affaires de la Défense (Epadesa, ex Epad), dont la gestion est mise en cause dans un pré-rapport de la Cour des Comptes.
Le député PS de Paris Christophe Caresche a demandé mercredi une commission d'enquête parlementaire sur l'établissement public gestionnaire du quartier d'affaires de la Défense (Epadesa, ex Epad), dont la gestion est mise en cause dans un pré-rapport de la Cour des Comptes. — Jean Ayissi afp.com

Une motion de censure déposée par l'UMP et l'UDI, et soutenue par quelques députés d'extrême gauche, a été déposée contre le gouvernement après le recours à l'adoption sans vote de la loi Macron. Entretien à l'Assemblée nationale avec le député PS de Paris Christophe Caresche, très remonté contre les frondeurs.

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Que se passe-t-il aujourd'hui avec les frondeurs?

Je pense qu'il y a un processus qui s'est enclenché depuis plusieurs mois avec eux, et qu'une nouvelle étape a été franchie mardi [jour où le gouvernement a eu recours au 49-3, préférant ainsi éviter un échec pour sa loi Macron]. Il y a un moment où il faut savoir où l'on va. La question aujourd'hui est de savoir si certains députés PS soutiennent le président de la République ou non. S'ils ne savent pas répondre, alors ils n'ont pas leur place au groupe PS de l'Assemblée nationale.

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Que leur dites-vous aujourd'hui?

Cécile Duflot, chez les Verts, dit qu'elle souhaite une majorité alternative. Je dis aux frondeurs amis de Cécile Duflot et du Front de gauche: Êtes-vous dans la majorité? Ou êtes-vous dans une autre stratégie pour construire une majorité alternative? Je souhaite qu'ils clarifient leur situation, qu'ils prennent un engagement public affirmant qu'ils respecteront à l'avenir la règle majoritaire du groupe. C'est une question de confiance.

Comment vivez-vous cette situation?

Il y a 255 députés qui se sont sentis humiliés par certains d'entre nous et qui aujourd'hui n'accepteront pas un vague discours affirmant qu'il ne s'est rien passé et que nous sommes tous frères. Ce n'est pas vrai. Les responsables du PS doivent mesurer l'exaspération des députés socialistes. S'il n'y a pas de clarification, cela se passera très mal.

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