Gaz de schiste: Des sénateurs UMP tentent d'avoir un feu vert, le Sénat refuse

POLITIQUE Ils ont retenté à l'occasion de l'examen du projet de loi sur la transition énergétique...

20 Minutes avec AFP

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Manifestation contre l'exploitation du gaz de schiste à Montélimar le 13 octobre 2013.
Manifestation contre l'exploitation du gaz de schiste à Montélimar le 13 octobre 2013. — Jeff Pachoud AFP

Encore raté ! A l'occasion de l'examen du projet de loi sur la transition énergétique, des sénateurs UMP avaient déposé un amendement pour tenter d'obtenir un feu vert sur l'exploitation du gaz de shiste. Cet amendement intégrait dans le volet de programmation plurianuelle de l'énergie (PPE) «la nécessaire identification du potentiel énergétique de la France en matière d'hydrocarbures non conventionnels», c'est-à-dire des gaz de schiste. Le Sénat s'y est une nouvelle fois opposé, dans la nuit de mercredi à jeudi.

«Après les manifestations contre la fracture hydraulique puis contre le gaz de schiste, le dossier a été mis au placard», a déclaré le président de la Commission économique, Jean-Claude Lenoir (UMP). «Imaginez que la même chose se soit passée pour le gaz de Lacq qui a tant participé, pendant quarante ans, au développement de l'Aquitaine et de nos territoires», a-t-il ajouté. «Faisons confiance aux chercheurs», a plaidé Charles Revet (UMP), estimant que ceux-ci «trouveront des techniques respectueuses de l'environnement. Ne nous privons pas de connaître nos potentialités».

«Je ne compte pas rouvrir le débat sur le gaz de schiste», a déclaré le rapporteur Lasislas Poniatowski (UMP). «Oui à l'exploration: il est absurde d'ignorer ce que recèle notre sous-sol», a-t-il renchéri, rappelant que «la France et la Pologne, il y a quelques années, étaient réputées être les pays européens ayant le plus fort potentiel. Après recherche, la Pologne a découvert que son potentiel était huit fois moindre qu'annoncé». Et de conclure: «L'exploitation est une autre question».

Dégâts environnementaux

«Aux États-Unis, les forages d'exploitation ont fait des paysages des friches après la faillite des entreprises qui y ont abandonné tout leur matériel», leur a répondu la ministre de l'environnement Ségolène Royal, avant de poursuivre: «ne laissons pas croire que l'exploitation de cet hydrocarbure annonce un eldorado du sous-sol. Faisons des choix clairs: la biomasse, les moulins. Pas le gaz de schiste, n'en déplaise au lobby des investisseurs dans ce domaine qui nous réclameront ensuite des subventions publiques parce que l'exploration n'est pas rentable et causera des dégâts à l'environnement».

Mathieu Darnaud (UMP), élu de l'Ardèche, département concerné par une éventuelle exploitation du gaz de schiste, s'est opposé à l'amendement. «La fracturation hydraulique fait courir un risque considérable au sous-sol fragile de notre département», ce qui affecterait « le thermalisme, l'agriculture, la viticulture. Les conséquences seront incalculables sur le tourisme, les paysages», a-t-il alerté.