Christian Paul, l'un des députés socialistes dits "frondeurs", à l'Assemblée nationale, le 16 septembre 2014 à Paris
Christian Paul, l'un des députés socialistes dits "frondeurs", à l'Assemblée nationale, le 16 septembre 2014 à Paris — Patrick Kovarik AFP

ASSEMBLEE

Loi Macron: Les cadres du PS veulent sanctionner les frondeurs et promettent le pire aux censeurs

Les députés socialistes opposés à la loi Macron ont poussé le gouvernement à engager sa responsabilité devant l'Assemblée...

Les frondeurs pourraient ne pas sortir indemnes du bras de fer engagé avec le gouvernement. Selon le porte-parole du groupe PS à l’Assemblée, Hugues Fourage, les députés PS qui ne voulaient pas voter la loi Macron pourraient perdre des responsabilités, comme la rapporteure générale au budget.

«On ne peut pas être rapporteure générale du Budget et ne pas être dans la ligne du groupe», a estimé Fourage devant des journalistes à l'Assemblée dans une référence à Valérie Rabault, qui avait refusé d'indiquer au groupe quel serait son vote sur le texte du ministre de l'Economie.

Le Foll appelle les députés à leurs responsabilités

D'ores et déjà, la frondeuse Nathalie Chabanne, députée des Pyrénées-Atlantiques a annoncé au groupe sa décision qu'elle «tirait les conséquences» de la situation et «quittait ses fonctions de vice-présidente», a ajouté Hugues Fourage, en saluant cette initiative. Refusant de parler de représailles à l'égard des frondeurs, cet élu vendéen a néanmoins estimé qu'une «clarification était nécessaire».

«Est-ce qu'il ne faut pas aller plus loin dans les règles du vivre ensemble au sein du groupe?» s'est interrogé ce proche de Manuel Valls. «C'est loin d'être fini. Il va falloir prendre des décisions», a estimé de son côté un député de l'aile droite du PS, envisageant des propositions pour la prochaine réunion du groupe. «Le grand marais du groupe n'en peut plus du comportement de certains frondeurs», a assuré pour sa part un jeune élu socialiste. Mais «on ne va pas faire un schisme, on va les étouffer. Le 49-3, c'est déjà un message», selon lui.

Quant à ceux qui oseraient voter la motion de censure déposée par l’UMP et l’UDI, ils pourraient bien prendre la porte du PS, a averti Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement. «Celui qui voterait la censure n'a plus sa place au Parti socialiste. Parce que voter avec l'UMP, pour des gens qui se disent de gauche, c'est quand même un problème majeur», a-t-il ainsi déclaré sur Europe 1. Mais «je ne crois pas qu'on soit dans cette situation», «la motion de censure sera rejetée», a-t-il ajouté. «Chacun va être appelé à la responsabilité. Chacun aura à se rappeler qu'il a été élu dans le cadre d'une majorité après une présidentielle» en 2012, a cependant ajouté Le Foll.