Loi Macron: «Utiliser le 49-3 est un aveu de faiblesse du Premier ministre»

POLITIQUE Quelles conséquences pour le gouvernement suite à l’utilisation de l’article 49-3? Jean Garrigues, professeur d’histoire contemporaine à l'université d'Orléans répond à 20 Minutes…

Propos recueillis par Nolwenn Leboyer

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Manuel Valls s'adresse aux députés le 17 Février 2015
Manuel Valls s'adresse aux députés le 17 Février 2015 — Jacques Brinon/AP/SIPA

Le gouvernement a décidé de recourir à l'utilisation de l'article 49-3, pour faire passer en force la loi Macron, a annoncé Manuel Valls. Quelles sont les conséquences de cet acte pour le gouvernement? Jean Garrigues, professeur d'histoire contemporaine à l'université d'Orléans, répond à 20 Minutes.

Le gouvernement a utilisé l'arme peu utilisée du 49-3: quelles vont être les conséquences pour le gouvernement?

C’est d’abord un aveu de faiblesse par rapport à la majorité parlementaire mais cela n’empêchera pas Manuel Valls de gouverner. Il sera cependant difficile de ramener les frondeurs dans la majorité. Paradoxalement, utiliser le 49-3 c’est aussi affirmer ses convictions politiques en montrant sa détermination à faire aboutir un projet de loi. Historiquement, l’utilisation massive de cet article est incarnée par Michel Rocard, qui disposait, lui, d’une majorité relative à l’Assemblée.

Le recours à cet article ne démontre-t-il pas un certain amateurisme politique?

Je ne dirais pas amateurisme mais un manque criant de préparation. Sur un projet aussi symbolique, qui met en avant l’inflexion sociale-libérale du projet économique du gouvernement et qui valorise aussi Emmanuel Macron, on aurait pu penser que le gouvernement prépare mieux sa majorité en amont pour que le vote soit positif.

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De nouvelles alliances vont-elles se créer dans l’hémicycle?

Côté frondeurs, cela ne va rien changer. Peut-être que certains vont se rapprocher du Front de Gauche ou des élus écologistes. Mais je ne suis pas sûr qu’ils franchissent réellement le pas. Rentrer en complète dissidence alors que certaines échéances électorales approchent ne serait pas judicieux. Je doute que les frondeurs prennent ce risque politique. Quant à la droite, elle est restée ferme sur sa position en refusant de voter un texte qui allait pourtant dans son sens. Elle a joué un rôle purement politicien.