Les députés se prononcent (enfin) sur le projet de loi Macron

POLITIQUE Dirigeants socialistes et gouvernement se montrent confiants sur son adoption...

20 Minutes avec AFP
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Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron et le Premier ministre Manuel Valls à l'Assemblée nationale le 14 février 2015 à Paris
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron et le Premier ministre Manuel Valls à l'Assemblée nationale le 14 février 2015 à Paris — Alain Jocard AFP

Le parcours à rallonge du projet de loi Macron à l'Assemblée nationale parviendra mardi à son terme en première lecture, avec un vote attendu sans grande appréhension par le gouvernement mais avant lequel Manuel Valls a rappelé à l'ordre les socialistes contestataires.

>> Retrouvez l'interview d'un économiste qui critique cette loi par ici.

>> Et l'interview du directeur de l'Institut Montaigne qui estime que la loi Macron va dans le bon sens

190 heures de discussion

Après plus de 190 heures de discussions en commission et en séance, achevées dimanche à 06h00 du matin, ce texte de quelque 200 articles «pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques», emblématique de la ligne réformatrice affichée par l'exécutif, doit passer le cap du vote solennel vers 17 heures.

Dirigeants socialistes et gouvernement se montrent confiants sur son adoption, car les probables voix manquantes dans la majorité devraient être compensées par l'abstention d'une majorité d'UDI et l'abstention ou le vote «pour» d'une poignée d'UMP (Hervé Mariton, Frédéric Lefebvre...).

L'ex-ministre Benoît Hamon votera contre

Le Premier ministre, qui a défendu un texte «positif pour les salariés» et «important pour notre économie», n'en a pas moins appelé lundi à «la responsabilité» les députés PS tentés de s'abstenir, voire de voter contre, tel l'ancien ministre Benoît Hamon. Ce dernier a déclaré qu'il voterait contre «en conscience», car le projet de loi additionne selon lui des «mesures extrêmement utiles» et d'autres «problématiques» comme celles sur le travail dominical.

Manuel Valls viendra encore plaider mardi matin devant le groupe PS. Attention au «raidissement», ont mis en garde des socialistes critiques, tel Christian Paul.

Vote serré

La grande majorité des socialistes et des radicaux de gauche s'apprêtent à approuver le texte du ministre de l'Economie Emmanuel Macron. Mais le vote sera serré : d'après plusieurs médias, une quarantaine de voix socialistes manquent à l’appel (c’est l’étiage haut des frondeurs), et la moitié voterait contre - c'est une nouveauté, avant ils se contentaient de s’abstenir. Les écologistes sont partagés, entre les tenants d'une ligne très critique comme l'ex-ministre Cécile Duflot et les modérés.

La plupart des UMP et le Front de gauche voteront contre le projet de loi, les premiers le jugeant fourre-tout (de la libéralisation du transport aux privatisations des aéroports de province) et pas à la hauteur des nécessités de la France, les seconds dénonçant «des régressions sans nuance pour les droits des salariés».

Le texte sera ensuite examiné au Sénat à compter d'avril, l'Assemblée ayant le dernier mot.