Pour Louis Aliot, les électeurs de l'UMP «ont plus de choses en commun» avec le FN qu'avec la gauche

ELECTIONS Le vice-président ne croit pour autant à une alliance entre UMP et FN...

N.Beu. avec AFP

— 

Le vice-président du Front national, Louis Aliot, au téléphone à Paris le 26 mai 2014
Le vice-président du Front national, Louis Aliot, au téléphone à Paris le 26 mai 2014 — Stéphane de Sakutin AFP

Le FN continue son jeu de séduction. Interrogé par France Info, le vice-président du FN, Louis Aliot, a estimé ce jeudi que les électeurs de droite avaient «beaucoup plus de choses en commun» avec le Front national qu'avec la gauche. Mais selon lui, un accord entre UMP et FN est toutefois impossible en raison de la «fracture» entre les dirigeants et la base de l'UMP.

Selon un sondage Odoxa pour Le Parisien et Aujourd'hui en France, 42% des électeurs de Nicolas Sarkozy au premier tour de la présidentielle de 2012 pourraient voter pour le Front national à une élection locale, contre 57% proclamant le contraire. La proportion baisse cependant à 31% (contre 68%) s'agissant de l'élection présidentielle. Par ailleurs, en cas de duel FN-PS au deuxième tour des élections départementales, 37% des électeurs de Nicolas Sarkozy voteraient pour le candidat FN, 36% s'abstiendraient et 27% voteraient pour le candidat socialiste, selon ce même sondage.

Le «ni-ni» remis en cause

«C'est en tout cas un sentiment que l'on voit sur le terrain. Il est évident que les électeurs de droite ont d'abord comme priorité de mettre dehors les socialistes et leurs alliés. Ça paraît être une évidence. Dans un deuxième temps (ils se disent) "mais pourquoi ne pas faire alliance avec nous [le FN]" dans la mesure où, pour des accords locaux, municipaux, départementaux, régionaux, nous avons beaucoup plus de choses en commun que nous n'en avons avec les socialistes», a déclaré Aliot sur France Info.

«Mais très honnêtement, a-t-il poursuivi, je ne pense pas que nous soyons en situation d'accord, tout simplement parce qu'il y a au sein de l'UMP une fracture très importante entre ce que pensent les dirigeants, Nicolas Sarkozy, Fillon, Kosciusko-Morizet et tous les autres, et ce que pense la base qui est diamétralement (à l')opposé. Je pense qu'il va y avoir beaucoup de travail à faire à l'intérieur de l'UMP avant la concrétisation d'accords sur le terrain», a poursuivi le vice-président du FN.

Le FN brocarde régulièrement «l'UMPS» ou l'alliance supposée de l'UMP et du PS contre lui. L'UMP s'est récemment divisée sur l'attitude adoptée lors du duel FN-PS au deuxième tour de la législative partielle dans le Doubs, finalement remportée par le PS. Le parti présidé par Nicolas Sarkozy avait appelé à voter blanc ou à s'abstenir alors qu'une partie de ses cadres (Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet) avaient appelé à voter pour le PS. Longtemps partisan du ni-ni (ni FN, ni PS), Sarkozy avait opté sans succès pour une inflexion avec un texte appelant à faire barrage au Front national.