Royal entend les électeurs de Bayrou, mais n'oublie pas la gauche

DIRECT Ségolène Royal sur France2...

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«J'ai été la première à faire le diagnostic de la crise démocratique profonde», constate Ségolène Royal, invitée de l'émission de France2, pour justifier sa main tendue à François Bayrou. «C'est une rénovation profonde de la politique, c'est très audacieux.» la candidate PS entend rassembler «tous les républicains de progrès.»

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«François Bayrou a bougé», justifie Ségolène Royal. «Je ne cherche pas à séduire, je cherche à rassembler», a expliqué Ségolène Royal pour montrer ses points de convergences avec François Bayrou, envisageant de reprendre la proposition du candidat centriste d'un plan marshall pour l'Afrique.

«Je suis une femme pratique, une présidente de région», a expliqué Ségolène Royal pour présenter ses mesures concrètes. «Toutes les bonnes idées sont bonnes à prendre.»

Débat avec Bayrou?

Ségolène Royal avait proposé un débat avec François Bayrou devant la presse régionale, le candidat centriste voulait que le débat soit télévisé. Ségolène Royal a proposé de téléviser le débat devant la presse régionale.

La candidate PS insiste plutôt sur sa personnalité, quand Nicolas Sarkozy a surtout déroulé son programme, plus tôt sur TF1.

Elle a précisé entendre les électeurs de François Bayrou, qui souhaitent «rénover la vie politique.»

Elle a rappelé sa campagne participatives, et les réformes profondes des institutions qu'elle entend mener. «Je crois bon aujourd'hui de tenter un rassemblement républicain.» Ségolène Royal appelle très clairement les électeurs de François Bayrou à voter pour elle.

Deuxième partie de l'émission, après le face-à-face debout, Ségolène Royal est maintenant assise devant Arlette Chabot et Gilles Leclerc de France2. Il est maintenant question du programme. Elle rappelle son engagement de réduire la dette, un signal clair aux électeurs de François Bayrou. Autre engagement fort, l'augmentation des bas salaires. Elle souhaite moduler les entreprises en fonction de la masse salariale.

Accents de gauche

«Ca suffit de considérer que ce sont les salariés qui doivent payer la flexibilité», s'est indignée la candidate. Ségolène Royal reprend des accents de gauche pour défendre les droits des salariés. Elle a attaqué plus frontalement le programme de Nicolas Sarkozy. «Si vous continuez les cadeaux sur les heures supplémentaires», les entreprises ne créeront pas d'emplois a expliqué Ségolène Royal.

Elle a appelé à un dialogue social renforcé, sur le modèle nordique. Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, s'appuie sur le bilan des régions socialistes. «Les régions vont prendre en charge six mois de salaires avec l'argent de la formation professionnelle.»

La candidate socialiste est «convaincue que la croissance va repartir.» Ségolène Royal met à nouveau en avant sa personnalité: «Je vais faire les choses sans brutalité, en me concentrant sur l'essentiel, le combat contre le chômage.»

Ségolène Royal soigne son électorat de gauche: «Il y a trop de riches d'un côté et trop de pauvres de l'autre.» "Et ou va cet argent?» s'interroge la candidate, «il va dans la spéculation immobilière», qui s'attaque à la proposition de bouclier fiscal. «Au lieu de s'en prendre aux chômeurs, Monsieur Sarkozy ferait mieux de s'en prendre à tous les autres abus. Je suis pour respecter les gens. Je ne suis pas pour respecter les Français les uns contre les autres.» Ségolène Royal sonne juste quand elle s'attaque frontalement au programme de son adversaire.

«Ce que je trouve malsain chez Monsieur Sarkozy, c'est ce mépris des gens», s'indigne Ségolène Royal, qui considère que Nicolas Sarkozy a «un discours de père fouettard.»

Troisième partie de l'émission, Ségolène Royal doit répondre aux questions de personnalités. Première salve avec Mahyar Monshipour, champion de boxe et poitevin, pose une question à Ségolène Royal. La question portait sur l'intégration. Elle a dénigré les solutions de Nicolas Sarkozy, d'imposer de parler le français avant de rentrer en France. Elle ne souhaite pas modifier la loi sur le regroupement familial. Elle souhaite régulariser au cas par cas les sans papiers dont les enfants sont scolarisés, sans que la scolarisation devienne une filière d'immigration clandestine. «Je demande du respect.»

La candidate socialiste s'en par ailleurs est pris à la politique africaine de la France, «néo-colonialiste».

Interrogée sur la laïcité, Ségolène Royal n'entend pas remettre en cause la loi de 1905, mais envisage que les collectivités locales puissent aider des associations, sans pour autant aider à la construction de lieux de culte.

Nouvelle question de Karine Duchochois, accusée à tort dans l'affaire d'Outreau. Ségolène Royal rappelle les conclusions de la commission d'enquête parlementaire, et s'indigne que les indemnisations n'aient pas encore été versées aux victimes. «Ensuite, il va falloir donner des moyens à la Justice.» Nouvelle question sur les récidivistes. Le débnat s'organise beaucoup autour des propositions de Nicolas Sarkozy.
Ségolène Royal pugnace, réplique qu'il y a moins de récidive quand on sévit au premier acte de délinquance. Elle rappelle son idée de centre fermé avec un encadrement militaire. «Il faut sévir, mais surtout il faut anticiper, et punir au premier acte de la délinquance.»

Question de Jean-Louis Etienne, presque en direct du Pôle Nord. La question porte sur le réchauffement climatique. Elle rappelle son expérience au gouvernement à l'Environnement. Elle propose d'augmenter la part des énergies renouvelables, et donc de réduire la place du nucléaire. Prudente sur l'EPR, Ségolène Royal entend poser la question de l'épuisement de l'uranium.

Nouveau référendum

la candidate PS est ensuite interrogée par un journaliste italien pour parler de sa politique étrangère. Ségolène Royal se considrère comme une européenne convaincue, contrairement à Nicolas Sarkozy. «Je crois que l'Europe n'a pas intérêt à s'aligner sur la politique des Etats-Unis.» Elle a souligné être la seule candidate à rasssembler des tenants du oui et du non à la constitution européenne. Elle a aussi annoncé la tenue d'un nouveau référendum, en 2009, le même jour que les électinos européennes, «car on ne discute pas en catimini» d'un traité allégé.

Concernant les otages retenus en Afghanistan, Ségolène Royal a refusé d'établir une ligne directrice sur la négocaition, et n'envisage pas un retrait des troupes françaises dans ce pays. Elle a rappelé qu'elle était opposée à ce que l'Iran obtienne le nucléaire militaire.

«Je serais une présidente très active, avec un gouvernement qui aura sa feuille de route», a conclu Ségolène Royal. «Je serais surtout une présidente qui rendra des comptes, devant le Parlement, et devant les Français.»