Sarkozy déroule, Royal attaque

Pierre Koetschet

— 

La campagne du second tour de la présidentielle Le débat télévisé entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy "aura lieu sous la forme d'un face à face le 2 mai" à 21H00, sur TF1 et France 2, a annoncé mardi à la presse Claude Guéant, directeur de campagne du candidat de l'UMP.
La campagne du second tour de la présidentielle Le débat télévisé entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy "aura lieu sous la forme d'un face à face le 2 mai" à 21H00, sur TF1 et France 2, a annoncé mardi à la presse Claude Guéant, directeur de campagne du candidat de l'UMP. — Feferber/Saget AFP/Archives

En attendant le débat du 2 mai, les deux candidats se sont chauffé la voix mercredi soir à la télévision. Premier à ouvrir le bal, Nicolas Sarkozy, sur TF1. Le candidat UMP a utilisé le format court de l’émission pour dérouler son programme de façon claire et concise. «5% de chômage à la fin de mon mandat.» «Les 35 heures, ça me va, mais comme un minimum». Le service minimum sera négocié. Le candidat UMP a enchaîné les propositions, insistant sur les sujets économiques, sans faire de commentaires sur le programme de son adversaire.

«Le candidat qui rassemble le peuple de France»

Pugnace, Nicolas Sarkozy a insisté sur ses propositions environnementales sans pour autant chercher à attirer les électeurs de François Bayrou: « «Je veux être le candidat qui rassemble le peuple de France, et pas celui qui négocie avec les partis politiques.»

Sur 20minutes.fr, suivez en direct les temps forts des deux émissions.
>>> Sur TF1, Nicolas Sarkozy a refusé le débat avec Bayrou. Pour lire le compte-rendu, cliquez ici
>>> Ségolène Royal a donné des gages aux électeurs de François Bayrou sans oublier la gauche.
Pour lire le compte-rendu,cliquez ici

Nicolas Sarkozy n’a quasiment jamais évoqué les propositions de Ségolène Royal. Il a préféré se poser en rassembleur. «Ce qui est difficile, ce n'est pas le débat, c'est de convaincre 44 millions de Français.» Il a cité la pugnacité comme qualité principale de Ségolène Royal, mais n'a pas voulu relever de défaut: «ce serait discourtois.»

«Un discours de père fouettard.»

Ségolène Royal a utilisé une toute autre stratégie, peut-être un peu moins «courtoise», mais très déterminée. Visiblement peu à l’aise quand elle a été interrogée sur un éventuel débat avec François Bayrou, la candidate socialiste a retrouvé tout son mordant pour critiquer les propositions de son adversaire. «Ca suffit de considérer que ce sont les salariés qui doivent payer la flexibilité», s'est indignée la candidate.

«Si vous continuez les cadeaux sur les heures supplémentaires», les entreprises ne créeront pas d'emplois a expliqué Ségolène Royal. «Je vais faire les choses sans brutalité, en me concentrant sur l'essentiel, le combat contre le chômage.» Elle n’a pas hésité à enfoncer le clou. «Ce que je trouve malsain chez Monsieur Sarkozy, c'est ce mépris des gens», a continué Ségolène Royal, qui a comparé le discours de Nicolas Sarkozy a «un discours de père fouettard.»

Interrogée sur le drame du Darfour, la candidate PS a souligné le rôle de la Chine en Afrique et n'a pas exclu un boycottage des JO de Pékin en 2008.

«Une présidente qui rendra des comptes»

«Je serais une présidente très active, avec un gouvernement qui aura sa feuille de route», a conclu Ségolène Royal. «Je serais surtout une présidente qui rendra des comptes, devant le Parlement, et devant les Français.»

Jeudi, les rôles seront inversés. Ségolène Royal devra être concise sur TF1, Nicolas Sarkozy pourra prendre ses aises sur France2. Deux émissions à suivre en direct, sur 20minutes.fr.