Travail dominical: Emmanuel Macron refuse le «compromis» des frondeurs

ECONOMIE Le projet de loi Macron doit être voter à l'Assemblée mardi prochain...

Florence Floux
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Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron à l'Assemblée Nationale, le 13 février 2015 à Paris
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron à l'Assemblée Nationale, le 13 février 2015 à Paris — Stephane de Sakutin AFP

Les députés PS frondeurs ont appelé ce samedi Emmanuel Macron au «compromis politique» sur le travail du dimanche, menaçant de ne pas voter son projet de loi mardi, mais le ministre a rejeté tout «compromis de façade» pour «rallier des voix».

Défendant un amendement prévoyant le doublement de la rémunération pour le travail le dimanche car «la loi doit protéger les salariés», Laurent Baumel (PS) a mis en garde le ministre car le «temps presse pour trouver les compromis nécessaires» sur cette loi «qui embarrasse votre majorité, bien au-delà des frondeurs».

«Vous avez l'occasion de faire un geste politique avant mardi prochain (jour du vote solennel). Je vous conseille d'y réfléchir sérieusement», a-t-il insisté.

Emmanuel Macron lui a répondu qu'il «ne cherchait pas des compromis politiques pour rallier des voix».

«J'ai entendu en creux vos menaces»

«Je ne suis pas ouvert à des compromis de façade pour dire qu'on pourrait voter car ce n'est pas comme ça que je considère le dialogue politique. J'ai entendu en creux vos menaces. Ce n'est pas l'idée que je me fais du débat», a-t-il insisté.

La réponse n'a pas plu aux frondeurs.

«Dans ce cas-là, notre discussion n'est que formelle et rhétorique, j'ai pour ma part une autre opinion du débat parlementaire», lui a répondu Pouria Amirshahi (PS). «Souffrez que nous ayons une conception élevée de la démocratie. Tout n'a pas été réglé en commission, ce n'est pas une recherche indigne de compromis», a renchéri Christian Paul (PS).

Sur le fond, Emmanuel Macron a défendu que les compensations soient décidées par accord de branche, d'entreprise ou territorial.

«Les preuves d'amour c'est mieux»

«S'il n'y a pas d'accord, il n'y a pas d'ouverture. Nous donnons la possibilité aux organisations sociales de bloquer l'ouverture le dimanche», a-t-il martelé.

Certains grands magasins à Paris craignent ainsi de ne pas pouvoir ouvrir le dimanche, faute de trouver un accord avec les syndicats.

Sur le dialogue social, «les déclarations d'amour c'est bien mais les preuves d'amour c'est mieux», a-t-il lancé aux frondeurs.

Alors que les élus UMP assistaient un brin goguenards aux débats, le PS Olivier Faure s'est réjoui «de leur chance d'assister en direct à un conseil national du PS».