Mort de Roger Hanin: L'acteur était le compagnon de route de Mitterrand

DECES Le comédien était le beau-frère de l'ancien président...

T.L.G.

— 

FRA/Christine Gouze Renal au Chateau Chinon avec Danielle Mitterrand, Franco    is Mitterrand et Roger Hanin
FRA/Christine Gouze Renal au Chateau Chinon avec Danielle Mitterrand, Franco is Mitterrand et Roger Hanin — BOCCON-GIBOD/SIPA

Roger Hanin s’est éteint à l’âge de 89 ans mercredi matin à l'hôpital Georges Pompidou, à Paris. L’acteur s’est illustré pour son rôle de commissaire Navarro dans la série télévisée du même nom. Mais Roger Hanin, c’était aussi le «beauf» du clan Mitterrand.

En 1959, il se marie avec Christine Gouze-Rénal. La productrice de cinéma et télévision, décédée en 2002, est la sœur de Danielle Mitterrand. Il devient alors le beau-frère et un intime du futur président socialiste, qui fut d’ailleurs témoin à son mariage. «J'étais son ami. Il était le mien», résume-t-il lors d’une interview au Parisien.

«J'ai aimé, j'aime toujours, je vénère François Mitterrand»

Pendant les deux septennats, Roger Hanin est un membre de la Mitterrandie, cercle proche autour du chef de l’Etat, au même titre que Jack Lang, ou Pierre Bergé. «Il faisait partie du cercle très proche de François Mitterrand, il l’amusait beaucoup par sa faconde et toutes les histoires qu’il racontait», a raconté l’homme d’affaires au micro d’Europe 1. «François Mitterrand ne se lassait jamais de lui faire raconter une histoire. Donc c’est vraiment une tristesse mais je garde le souvenir d’un homme qui avait des convictions, qui les exprimait, et qui avait pour François Mitterrand une espèce d’amour, de passion, en tout cas une grande admiration».

Après la mort du président, Roger Hanin se fait gardien de la mémoire de François. Il publie un recueil de souvenirs, mais s’éloigne de la Mitterrandie et des socialistes. Il reproche à Lionel Jospin et au PS le «devoir d’inventaire» des années de pouvoir de son beau-frère.

«J'ai aimé, j'aime toujours, je vénère François Mitterrand et quand je vois comment le PS s'est conduit avec François Mitterrand, qui l'a inventé, de manière aussi ignoble avec la notion de l'inventaire», assure-t-il. «L'inventaire, c'est grave, c'est quand quelqu'un est en faillite, c'est ce qui reste en magasin quand quelqu'un s'apprête à mourir et c'était le cas de François».

De la rupture politique aux tribunaux

Il adhère alors au Parti communiste et soutient leurs candidats aux élections présidentielles de 1995, 2002 et 2007. Au second tour de cette année-là, il donne sa voix à Nicolas Sarkozy, «un homme de gauche».

Avec le clan Mitterrand, la rupture n’est pas que politique. Elle se passe aussi dans les tribunaux. En 2013, Roger Hanin attaque la famille Mitterrand pour obtenir le remboursement d’un prêt de 300.000 euros octroyé à leur mère Danielle. La somme avait été avancée pour payer la caution du fils, Jean-Christophe, qui fut incarcéré à la prison de la Santé en décembre 2000 dans l'affaire de l'Angolagate. L’ancien acteur sera finalement débouté.