UMP: Alain Juppé qualifie le FN «péril maximum»

POLITIQUE ​Le maire de Bordeaux s’exprime au 20h à propos du second tour de la législative partielle dans le Doubs, où s’affrontent les candidats PS et FN…

Anne-Laëtitia Béraud

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Alain Juppé, le 29 janvier 2015.
Alain Juppé, le 29 janvier 2015. — A.UGO/AP/SIPA

Alain Juppé a sonné la charge contre le Front national ce mardi soir, au 20h de France 2. Le maire UMP de Bordeaux s’exprimait à propos du second tour de la législative partielle dans le Doubs, où s’affrontent les candidats PS et FN. Le fondateur de l’UMP, qui avait pris la plume sur son blog pour dire qu'il opterait pour le PS s'il avait à voter dimanche prochain, a qualifié le FN de «péril maximum». «Les temps ont changé, la force du FN a changé», a-t-il estimé.

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«Notre principal adversaire, c’est le FN» a martelé Alain Juppé, estimant que le parti frontiste devenant «le premier parti de France», «ce serait une catastrophe». Rappelant «les démons racistes» du parti présidé par Marine Le Pen, il a ajouté qu'avec les valeurs et le programme [notamment anti-Europe], «ce parti est aux antipodes de ce que nous pensons».

Interrogé sur le front républicain, Alain Juppé a réfuté tout «front républicain, qui est une alliance avec le PS. Et il n'est pas question d'alliance avec le PS. Nous combattons la politique qu'il mène depuis deux ans», a-t-il ajouté.

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Sur le slogan frontiste de «l'UMPS», c'est-à-dire d'une connivence entre l'UMP et le PS, le maire de Bordeaux s'est insurgé: «Qui peut croire que le PS et l'UMP mènent la même politique? C'est absurde! Est-ce que la politique de Christiane Taubira a quelque chose à voir avec la politique pénale de Nicolas Sarkozy à l'Intérieur ou à l'Elysée? (...) Cela n'a pas de sens», a-t-il ajouté, se défendant d'être socialiste. 

L'UMP a été «trop complaisant parfois, pas assez agressif le FN», a-t-il précisé, alors que «des Français se laissent séduire par des mensonges et des propositions extrêmement dangereuses [du FN]». le maire de Bordeaux a de nouveau appelé «à une alliance de la droite et du centre» pour vaincre électoralement.

Peu avant l'interview d'Alain Juppé, le Bureau politique de l'UMP optait de justesse pour le «ni-ni» (ni PS, ni FN) à la législative partielle du Doubs, et ce contre l'avis de Nicolas Sarkozy qui plaidait pour un texte appelant à faire barrage au FN, selon des participants à la réunion.

La motion du «ni-ni» a été adoptée par 22 voix contre 19 au texte du président de l'UMP, qui appelait les électeurs de la 4e circonscription du Doubs à «voter soit socialiste, soit blanc» ou «à s'abstenir».

La question de la position à adopter pour cette législative partielle agite l'UMP depuis dimanche. Ce mardi, l'ancien ministre UMP Thierry Mariani a jugé sur iTELE qu'il y avait «peut-être un problème de réglage de l'appareil» UMP.

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