Réactions à la décision de Sarkozy sur le Doubs: «Des noeuds au cerveau», selon le socialiste Cambadélis

POLITIQUE Toutes les réactions politiques après la décision de Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, à propos de la législative partielle dans le Doubs…

Anne-Laëtitia Béraud avec AFP

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Jean-Christophe Cambadélis à l'Assemblée nationale le 16 décembre 2014.
Jean-Christophe Cambadélis à l'Assemblée nationale le 16 décembre 2014. — CHAMUSSY/SIPA

Une décision qui ne satisfait pas les responsables politiques. Ce mardi devant le groupe UMP à l’Assemblée nationale, Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il fallait dire «non au FN» tout en proposant de «laisser les électeurs choisir» lors du second tour de la législative partielle dans le Doubs.

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, a estimé mardi que «dire non au FN sans dire oui» au PS, comme l'a fait Nicolas Sarkozy pour la législative partielle dans le Doubs, «c'est se faire des noeuds au cerveau». «Dire non au FN sans dire oui à ceux qui disent non au FN, c'est se faire des noeuds au cerveau!», a réagi sur Twitter le numéro un du PS.

«Risque grave» pour François Bayrou

Dans la matinée, Jean-Christophe Cambadélis avait salué le «geste» du maire UMP de Bordeaux Alain Juppé, assurant qu'il voterait PS pour contrer le FN s'il était électeur du Doubs, espérant que l'UMP suive.

De son côté, le Premier ministre Manuel Valls, qui a appelé au « rassemblement », se rendra jeudi dans le Doubs pour soutenir le candidat PS Frédéric Barbier.

>> Lire: Manuel Valls appelle au rassemblement républicain derrière le candidat PS dans le Doubs

Le président du MoDem, le centriste François Bayrou, a affirmé mardi qu'il n'aurait «aucune hésitation» à voter pour le candidat PS au second tour de la législative partielle dans le Doubs, dans un entretien à La République des Pyrénées qui va être mis en ligne. «Pour moi, il n'y a aucune hésitation. Je voterais contre le FN en choisissant son adversaire M. Barbier», affirme François Bayrou, qualifiant sa position d'«intangible» et jugeant par ailleurs que la position du «ni-ni» défendue par certains à l'UMP représente «un risque grave».

L'ancien Premier ministre UMP François Fillon s'est déclaré en faveur du «ni-ni», ni FN ni PS, ce mardi devant le groupe UMP à l'Assemblée, ont indiqué à l'AFP plusieurs participants. «Pas de complaisance avec le FN, pas d'indulgence avec le PS », a déclaré François Fillon, pour qui il est «impossible de voter pour le PS».

La position exprimée mardi matin par Nicolas Sarkozy sur la position à avoir lors de l'élection législative partielle constitue « un progrès » par rapport au « ni-ni » (ni le PS ni le FN), qui est « détestable », a estimé le député UMP Dominique Bussereau sur France 3. «Ce matin, Nicolas Sarkozy a proposé une position qui n'est plus son ni-ni classique, que je n'aime pas (...). C'est un progrès dans la position du président de l'UMP, à mes yeux, par rapport à sa position sur le ni-ni », a commenté le député de Charente-Maritime. «La position de Nicolas Sarkozy, c'est une position un peu intermédiaire, qui est en deçà de la nôtre, mais qui est un progrès par rapport à la position du ni-ni que je trouvais pour ma part assez détestable», a développé Dominique Bussereau.

Railleries du FN

Le coprésident du groupe écologiste à l'Assemblée nationale François de Rugy a critiqué mardi la position de Nicolas Sarkozy sur le second tour PS-FN dans le Doubs, jugeant l'« attitude » de l'ex-président de la République « extrêmement grave». «L'attitude du président de l'UMP Nicolas Sarkozy est extrêmement grave », a estimé M. de Rugy lors de la conférence de presse du groupe écologiste, « d'abord parce qu'il attend plus de quarante-huit heures avant de faire le moindre commentaire». «Un responsable politique, a fortiori un ancien président de la République, a quelque chose à dire sur une situation politique comme celle-là tout de suite, il a anticipé (...) et il a une position claire », a poursuivi le député de Loire-Atlantique.

Florian Philippot, vice-président du FN a dénoncé mardi le « soutien implicite » apporté par Nicolas Sarkozy au Parti socialiste et à son candidat à l'élection législative partielle dans le Doubs. La position du président de l'UMP, qui a dit qu'il fallait dire « non au FN » tout en laissant les électeurs choisir, constitue « un soutien implicite au candidat socialiste », a estimé Florian Philippot en marge d'un déplacement à Seloncourt (Doubs).