La valse à trois temps entre François Hollande et Alexis Tsipras

POLITIQUE Le nouveau Premier ministre grec est attendu ce mercredi à Paris, après des années de relation en dents de scie…

Audrey Chauvet

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Le Premier ministre Alexis Tsipras (c) le 28 janvier 2015 à Athènes
Le Premier ministre Alexis Tsipras (c) le 28 janvier 2015 à Athènes — Louisa Gouliamaki AFP

On ne sait plus lequel fait de l’œil à l’autre: après avoir tenté, en vain, de rencontrer François Hollande en 2012, Alexis Tsipras est invité ce mercredi à Paris par le président de la République au lendemain de son accession au pouvoir en Grèce. De lettres restées sans suite au nouveau soutien affiché par François Hollande à Syriza, retour sur deux années de «Je t’aime moi non plus» entre Athènes et Paris.

Une lettre restée sans suite

En mai 2012, au lendemain de l’élection de François Hollande, l’Elysée reçoit une lettre de félicitations provenant de Grèce. Alexis Tsipras, leader de la coalition de gauche Syriza, y adressait ses félicitations au nouveau Président et souhaitait «organiser une rencontre à Paris le plus rapidement possible», révèle Le Canard enchaîné. François Hollande ne répondra jamais à cette sollicitation.

Mélenchon invite, le PS boude

Les relations entre le Parti socialiste et Syriza se distendent encore durant la campagne des législatives en France en 2012. Accueilli par Jean-Luc Mélenchon, alors leader du Front de gauche, le 21 mai à Paris, Alexis Tsipras ne rencontre aucun représentant socialiste. Alors que son parti venait de décrocher la deuxième place aux législatives grecques, devançant le Pasok, le parti socialiste grec, Tsipras avait déclaré que François Hollande devrait «comprendre qu’il lui faudra répondre à des questions cruciales. Si le peuple français a voté pour lui, c’est pour faire une autre politique que celle de Nicolas Sarkozy». Aucune réaction de la part du gouvernement, si ce n’est un rappel à l’ordre de Laurent Fabius, qui avait estimé que les Grecs «ne peuvent pas se prononcer pour des formations qui les feraient sortir de l’euro». Jean-Luc Mélenchon avait fait son miel de ce froid entre Syriza et le PS français, et François Hollande s’était fait traiter de «Hollandreou» par Alexis Tsipras, en référence à l’ancien premier ministre socialiste grec.

«Amitié» entre Athènes et Paris

Depuis l’élection de Syriza et l’accession au poste de premier minsitre d’Alexis Tsipras, François Hollande semble avoir mis de l’eau dans son vin, à l'inverse d'Angela Merkel, toujours aussi inflexible. Au lendemain de la victoire de Syriza, le président français a adressé ses félicitations à Alexis Tsipras, rappelant «l’amitié» qui lie Paris et Athènes. Au cours d’un entretien téléphonique le 26 janvier dernier, le président français a invité Alexis Tsipras à «se rendre rapidement à Paris», avant le prochain Conseil européen le 12 février. Cette rencontre devrait permettre de «discuter de manière globale» de «l’ensemble des questions» soulevées par la Grèce, y compris «la croissance et la dette», a précisé le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll. Sans toutefois renier la ligne qui prévaut au gouvernement: «Il n'y a pas de discussions qui consisteraient à annuler la dette grecque», a souligné Stéphane Le Foll.

Car pas question d'épouser la ligne anti-austérité du Grec: Hollande souhaiterait plutôt être le trait d'union entre Alexis Tsipras et Angela Merkel, ce qui pourrait lui permettre de faire avancer ses positions plus mesurées: plus de relance par l'investissement, et plus de consommation.