VIDEO. Législative partielle dans le Doubs: L'UMP se divise à nouveau sur le Front républicain

POLITIQUE L'ex-ministre Bruno Le Maire a dit souhaiter «un électrochoc à l'UMP» et dit «non au Front républicain»...

20 Minutes avec AFP
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Le député UMP Henri Guaino, le 26 mars 2013 à l'Assemblée nationale
Le député UMP Henri Guaino, le 26 mars 2013 à l'Assemblée nationale — Eric Feferberg AFP

Le front républicain anti-FN est «une folie», a jugé lundi le député UMP Henri Guaino au lendemain de l'élimination de son parti au premier tour de la législative partielle dans le Doubs.

Sur France Inter, le proche de Nicolas Sarkozy a estimé que le résultat de ce scrutin, où le parti de Marine le Pen est arrivé en tête devant le PS sur fond de très forte abstention, était «un avertissement pour tout le monde». «Après le 11 janvier on a pu croire que nous vivions dans un autre monde. Eh bien non, la situation de la société française est inquiétante, la colère de nos concitoyens n'est pas retombée», avec «une très grande fragilité de notre démocratie et de notre cohésion sociale».

«Un électrochoc à l'UMP»

De son côté, l'ex-ministre Bruno Le Maire a dit souhaiter «un électrochoc à l'UMP», a-t-il déclaré sur France Info. L'UMP doit prendre «la mesure de la menace politique que représente pour nous le Front national» et il faut «que nous soyons plus offensifs», a affirmé le député de l'Eure qui s'attend à des élections départementales et régionales «sans doute plus difficiles que prévu».

Bruno Le Maire dit également «non au Front républicain», consistant à appeler à voter pour le candidat PS pour barrer la route au FN lors du second tour dimanche. «Parce que c'est un peu une solution de facilité, c'est une manière de se défausser, de ne pas chercher ses responsabilités, de ne pas élaborer un discours fort, de propositions qui puissent convaincre les électeurs».

Gérald Darmanin, secrétaire général adjoint de l’UMP, a lui, déclaré sur Europe 1 ne «pas choisir entre le FN et le parti socialiste». «C'est une terre ouvrière où l'UMP a toujours été extrêmement faible. Il a manqué quelques dizaines, quelques centaines de voix à notre candidat. C'est une déception, ça veut dire que la droite n'a pas encore réussi à créer l'alternance dans les terres de gauche, c'est une des 35 circonscriptions de France où le FN fait des scores très importants».

«Je ne peux pas vous dire quelle sera la position de l'UMP»

Le secrétaire général de l'UMP, Laurent Wauquiez, a annoncé à l'AFP qu'il refusait d'appeler à voter pour le candidat PS face au FN précisant qu'à titre personnel, il voterait «blanc». «Mes idées ne sont pas celles du Parti socialiste donc je n'appelle pas à voter socialiste (...) Je ne partage pas les idées du Front national donc je ne vote pas pour le FN (...) Je voterais blanc si je devais voter», a-t-il déclaré.

La vice-présidente déléguée de l'UMP Nathalie Kosciusko-Morizet prône «à titre personnel» de voter PS «contre le Front National» et défendra cette position mardi lors du bureau politique du parti.

«Je ne peux pas vous dire quelle sera la position de l'UMP», a-t-elle expliqué ce lundi sur RMC et BFMTV. «En revanche, je défendrai celle que j'ai toujours défendue, à savoir que si j'étais personnellement confrontée à ce choix, et avec regret, sans gaîté de coeur, je choisirais de voter pour le candidat qui est opposé au candidat du Front National», «en l'espèce» celui du PS.

Position collégiale

Le porte-parole de l'UMP Sébastien Huyghe a quant à lui estimé que «chacun peut avoir une position personnelle» concernant ce second tour. «Chacun peut avoir une position personnelle» sur cette question mais il y aura «une position collégiale de l'UMP, qui n'est pas forcément une position unanime», a affirmé Sébastien Huyghe, lundi lors de son point de presse hebdomadaire. Cette position collégiale sera déterminée mardi, en bureau politique réuni sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

«Nous ne sommes pas un parti caporaliste, le débat est ouvert et la parole est libre» à l'UMP, a insisté Sébastien Huyghe. Ceux qui se sont exprimés jusqu'ici l'ont fait «à titre personnelle» et «n'engagent pas notre formation politique», a-t-il ajouté.