Régionales Nord/Pas-de-Calais-Picardie: Vers une confrontation Xavier Bertrand-Marine Le Pen

POLITIQUE Un duel UMP-FN se dessine dans la nouvelle région du Nord/Pas-de-Calais-Picardie aux élections régionales de décembre…

Anne-Laetitia Beraud
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Xavier Bertrand, le 12 novembre 2014 à l'émission du Club LCI à Paris.
Xavier Bertrand, le 12 novembre 2014 à l'émission du Club LCI à Paris. — IBO/SIPA
  • Xavier Bertrand, ancien ministre UMP, se porte candidat aux élections régionales de décembre 2015 dans le Nord/Pas-de-Calais-Picardie.
  • Dans cette première déclaration, il définit son adversaire: Marine Le Pen, la présidente du FN... qui n'a pas encore officiellement annoncé sa candidature.
  • Cette grande région est une terre de prédilection du FN, qui y a réalisé plusieurs succès électoraux.
  • Un duel UMP-FN servirait les ambitions nationales de Xavier Bertrand, par ailleurs candidat à la primaire UMP de 2016, qui désignera le champion de la droite à la présidentielle de 2017.

Chaud, l’hiver 2016 sera chaud pour les élections régionales de décembre, dans la région Nord/Pas-de-Calais-Picardie née de la réforme territoriale. L'ancien ministre UMP Xavier Bertrand y a annoncé dimanche sa candidature dans un entretien à La Voix du Nord. «Je souhaite porter les idées, les couleurs, à la fois de l'UMP, mais je tends aussi la main à l'UDI, à CPNT, les chasseurs, et je souhaite aussi qu'il y ait des personnalités de la société civile qui s'engagent», a ajouté le député de l’Aisne un peu plus tard au Grand Rendez-vous Europe1-Le Monde- iTélé.

Le Nord et la Picardie, terres de prédilection du Front national

Première cible du candidat UMP: La présidente du Front national Marine Le Pen. Une responsable politique attaquée sur la PME politico-familiale qu'est le Front national. Selon Xavier Bertrand, Marine Le Pen est «incapable de mettre de l'ordre dans sa propre famille». Il fait allusion à la déclaration de Jean-Marie Le Pen, qui dit avoir vu une «patte des services secrets français» dans l’attentat contre Charlie Hebdo. «Vous ne pouvez pas faire croire que Marine Le Pen pourrait remettre de l'ordre dans le pays quand elle est incapable de mettre de l'ordre dans sa propre famille», a moqué Xavier Bertrand.

Deuxième angle d’attaque de l’ancien ministre: L’argent. Un argument régulièrement utilisé par le Front national pour railler «les élites» et les «puissants». «Marine Le Pen, qui tape en permanence matin midi et soir sur l'Europe, qu'elle explique pourquoi la firme Le Pen passe à la caisse de l'Europe tous les mois, que ce soit pour elle, pour Aliot, pour le père, et pour toute l'armada d'assistants parlementaires qui tournent autour», a lancé Xavier Bertrand au sujet de la présidente du Front national, son compagnon et Jean-Marie Le Pen, tous trois eurodéputés.

Primaire à droite en 2016

La charge de Xavier Bertrand est lourde, à la mesure de sa future adversaire frontiste. Car Marine Le Pen réserve toujours officiellement sa candidature, hésitante face à une possible défaite, alors que les sondages qui la voient caracoler en tête à la présidentielle se multiplient. La région nordiste est pourtant, avec PACA, une terre de prédilection. Aux municipales 2014, le FN a gagné Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Villers-Cotterêts (Aisne), et réalisé un bon score à Saint-Quentin (Aisne)… ville dont le maire est Xavier Bertrand. Au premier tour de la présidentielle de 2012, la Picardie a donné le plus gros score national à Marine Le Pen avec 25,03% des voix, suivie de peu par la région Nord et ses 21,91%.

Un duel UMP-FN aux régionales de décembre 2015 sert enfin les ambitions de Xavier Bertrand… pour 2016. En effet, l’ancien ministre est candidat à la primaire ouverte, qui désignera le champion de la droite à la présidentielle 2017. Et dans cette élection interne, ce n’est pas le député-maire qui est favori, mais ses concurrents Alain Juppé, François Fillon, ou encore Nicolas Sarkozy. Les lumières médiatiques d’une confrontation avec la présidente frontiste n’ont ainsi rien de superflues dans cette course de fond de Xavier Bertrand.

Du côté des socialistes, ce n’est pas Martine Aubry, mais un proche, Pierre de Saintignon, premier vice-président de la région Nord-Pas-de-Calais et premier adjoint de la Maire de Lille, qui est candidat à la présidence de la nouvelle région.