Présidentielle 2017: Jean-Luc Mélenchon «disponible» pour gouverner avec la gauche alternative

POLITIQUE L’ancien candidat du Front de gauche à la présidentielle 2012 ira «au poste de combat qu’on [lui] assigne» pour faire gagner la gauche alternative au Parti socialiste…

Anne-Laëtitia Béraud

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Jean-Luc Mélenchon dans une manifestation en souvenir de Rémi Fraisse, le 2 novembre 2014 à Paris
Jean-Luc Mélenchon dans une manifestation en souvenir de Rémi Fraisse, le 2 novembre 2014 à Paris — NICOLAS MESSYASZ/SIPA
  • Interrogé sur la présidentielle 2017, Jean-Luc Mélenchon se dit «disponible», et prêt à «gouverner» avec la gauche radicale française et les écologistes.
  • Le chef de file du Parti de gauche s'inspire des succès de Syriza en Grèce et Podemos en Espagne.
  • L'ancien candidat à la présidentielle balaie toute alliance avec le Parti socialiste, qualifié d'«astre mort».

Les succès de Syriza en Grèce et de Podemos en Espagne donnent des ailes à Jean-Luc Mélenchon. Interrogé à propos de 2017, l'ancien candidat du Front de gauche à la présidentielle 2012 appelle à «faire mieux de tous les points de vue» lors de l'émission «12/13 dimanche» sur France 3. «[S]a personne ne sera jamais un obstacle» pour faire gagner une alliance de la gauche radicale française et des écologistes, affirme-t-il.

Le chef de file du Parti de gauche est revenu sur une interview publiée le matin même dans le Journal du dimanche, où il affirme être «disponible» pour 2017 et prêt à savoir «gouverner» avec la gauche radicale et les écologistes. 

>> Lire: La montée de Syriza peut-elle booster les gauches radicales européennes?

Cette interview au JDD a été qualifiée de «manipulation» par le député européen. Une accusation dont s’est défendu le rédacteur en chef politique du journal en affirmant qu’elle a été relue Jean-Luc Mélenchon. 

Dans cette interview, Jean-Luc Mélenchon explique à propos de la présidentielle 2017: «Ma situation est simple: je suis disponible». «De bon cœur, j'irai au poste de combat que l'on m'assignera», ajoute-t-il. Sur l’hypothèse d’un gouvernement de gauche alternative, Jean-Luc Mélenchon souligne que «si nous devions gouverner, je saurais le faire. Je veux notre victoire. Je crois qu'il faut travailler à une candidature commune» et «un programme partagé avec (…) Cécile Duflot, Pierre Laurent, Clémentine Autain et bien d’autres», souligne Jean-Luc Mélenchon. Il estime par ailleurs que «le Front de gauche a atteint sa limite». 

Le PS, un «astre mort»

«Inspiré» par les formations grecque et espagnole Syriza et Podemos, Jean-Luc Mélenchon qualifie le Parti socialiste «d'astre mort», et balaie toute alliance électorale avec des «élus totalement coupés de la société française». Il ajoute que la victoire de la gauche radicale grecque aux législatives du 25 janvier a mis le Président François Hollande «au pied du mur». «Il doit donner des preuves concrètes de son affection tardive pour Tsípras [le chef de Syriza] ! A lui [François Hollande] de prendre l'initiative d'un moratoire sur la dette grecque. Assez joué au couple Thénardier avec Merkel!», affirme-t-il.

L’espoir de changement politique porté par la gauche radicale atteindra-t-il la France, après avoir touché la Grèce et l’Espagne? C’est en tout cas le vœu de Jean-Luc Mélenchon, qui appelle à une «6e République» et espère «mettre le peuple en appétit» avant de nouvelles échéances électorales. L’effet domino de Syriza en France pourrait néanmoins se fracasser sur les désaccords politiques au sein des gauches radicale et écologiste françaises, notamment sur le dossier de l’Europe.