Présidentielles 2017: Cambadélis juge «irresponsable» l'idée d'une primaire à la gauche de la gauche

ELECTIONS Le chef des socialistes a vivement critiqué la proposition du porte-parole des Verts d'organiser une primaire réunissant écolo, Nouvelle Donne, Front de Gauche... et frondeurs...

20 Minutes avec AFP

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Le chef du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis.
Le chef du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis. — AFP

Voilà une tribune qui ne sera pas passée inaperçue. Jean-Christophe Cambadélis a vivement réagi jeudi à la proposition du porte-parole d'EELV, Julien Bayou, d'organiser une primaire à gauche du PS en vue de 2017 qui inclurait les socialistes «frondeurs». Ce dernier s’était prononcé ce jeudi pour une primaire élargie au Front de Gauche, écologistes, Nouvelle Donne, des «mouvements citoyens» et les «frondeurs» socialistes dans le Huffington Post. Des «frondeurs» et membres de l'aile gauche du PS, interrogés par l'AFP, ont répondu pour leur part qu'ils souhaitaient «une primaire de toute la gauche».

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«Cette attitude est irresponsable»

«Julien Bayou propose ni plus ni moins une scission dans le Parti socialiste pour organiser les primaires de la radicalité. Cette attitude est irresponsable», dénonce le premier secrétaire du PS dans un communiqué. Cette proposition «offre le spectacle lamentable de politiques obnubilés par l'élection présidentielle», poursuit Jean-Christophe Cambadélis.

L'union pour faire face au danger frontiste et au retour de la droite

«Ensuite, au moment où le pays est uni pour la sécurité et la République, c'est réintroduire le ferment de la division», enchaîne le responsable socialiste. «Enfin, c'est un accroc inadmissible dans l'union de la gauche dans un moment où l'enjeu n'est pas la division, mais l'union pour faire face au danger frontiste et au retour de la droite», développe le premier secrétaire. Et de conclure: «La gauche divisée, c'est la gauche éliminée.»

 L’exemple de Syriza

«Je vois bien que c'est le mouvement de ceux qui pensent qu'il faut avoir une construction d'un Syriza à la française, de la même manière que Syriza est né en partie d'une scission à l'intérieur du Pasok (le PS grec)», a accusé Jérôme Guedj.

Dans une interview jeudi à Libération, la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse, estime précisément que «si la gauche connaît de telles difficultés, c'est aussi parce que le Front de gauche a manqué au gouvernement en 2012. L'urgence n'est pas de parler de 2017 mais de se remettre, sans exclusive, autour d'une table, et de construire un projet pour la France et l'Europe».