VIDÉO. Marion Maréchal-Le Pen menace un journaliste: «Ça va vraiment vous faire mal»

RECOMPENSE La députée du Vaucluse (FN) Marion Maréchal-Le Pen s'en est pris mardi soir à un journaliste lors de la remise controversée d'un prix à un maire FN...

F.V.

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Marion Maréchal-Le Pen s'adressant au journaliste Gilles Leclerc.
Marion Maréchal-Le Pen s'adressant au journaliste Gilles Leclerc. — 20 Minutes

C'est un prix attribué depuis 23 ans et qui met à l'honneur «les personnalités politiques ayant marqué 2014». Mais cette année, le Trombinoscope est mal passé. En cause: l'attribution au maire FN d'Hénin-Beaumont, Steeve Briois, du prix de «l'élu local de l'année» par le jury, composé de sept journalistes.

«Pas une véritable récompense»

En remettant le prix, l'un des jurés, Gilles Leclerc (journaliste à Public Sénat) a précisé qu'il ne s'agissait «pas d'une véritable récompense», mais du «symbole» de la progression électorale du Front national.

«Je vais être tout à fait honnête, j'étais pas forcément volontaire pour cet exercice un peu spécial, a-t-il déclaré avant de remettre le prix à l'intéressé. Il ne s'agit pas à proprement parler d'une récompense. [...] Aujourd'hui maire, donc, député européen - tiens j'oubliais d'ailleurs qu'au Front national on n'était pas forcément contre le cumul. [...] C'est vrai que vous avez sans doute en mémoire les bilans pas très fameux, vous en conviendrez, de vos collègues élus en 1995.»

«Même s'il m'est attribué à contrecœur, ce prix me va droit au coeur», a rétorqué le maire de Hénin-Beaumont.

«On va vous avoir !», menace Marion Maréchal Le Pen

Après la remise de prix, les responsables frontistes présents à la cérémonie ont fondu sur Gilles Leclerc pour faire part de leur colère. La séquence a été filmée par Le Petit Journal et isolée par Le Lab. «Le discours que vous avez fait est un discours de protection, il fallait mettre un préservatif pour venir», a ironisé le député Gilles Collard. «Monsieur Leclerc, vous avez été en dessous de tout», a renchéri le sénateur Stéphane Ravier.

«Franchement, c'est minable, a lancé Marion Maréchal-Le Pen au journaliste. Je suis regonflée à bloc! Mais on va vous avoir... Mais quand ça va arriver, ça va vraiment vous faire mal! Vraiment, merci. Parce qu'on a des petits coups de mou et quand on a ça, on est motivés! Vraiment. Vraiment.»

Boycott et controverse

Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS), avait décidé de boycotter la remise de prix, qui se déroulait pourtant dans sa résidence officielle de l'hôtel de Lassay. Une attitude critiquée implicitement par le président UMP du Sénat Gérard Larcher. «Moi je combats [le FN], mais je ne l'ignore pas. Ce n'est pas en l'ignorant qu'on le combattra (...) Ce n'est pas en boycottant qu'on affirme quelque chose», a déclaré le sénateur des Yvelines, lui-même désigné sénateur de l'année par le Trombinoscope.

Claude Bartolone a expliqué sa décision ce jeudi matin sur BFM TV: «Je ne dis pas que ce n’est pas un parti républicain. Hélas, il y a des gens qui votent pour eux (…) mais on voit bien que ce n’est pas un parti comme un autre.»

Le jury a également désigné Manuel Valls comme «personnalité politique de l'année», Ségolène Royal «ministre de l'année», et Emmanuel Macron «révélation politique de l'année»