FN: Marine Le Pen met fin aux fonctions d'Aymeric Chauprade à Bruxelles

POLITIQUE Il était le responsable de la délégation frontiste au Parlement européen... mais une vidéo polémique sur l'Islam n'a pas plu à la présidente du parti...

Maud Pierron

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Aymeric Chauprade à une conférence de presse le 22 janvier 2014.
Aymeric Chauprade à une conférence de presse le 22 janvier 2014. — LCHAM/SIPA

Elle l’avait fortement laissé entendre, elle a mis ses menaces à exécution. Marine Le Pen a annoncé ce jeudi avoir démis l’eurodéputé FN Aymeric Chauprade de ses fonctions de chef de la délégation frontiste au Parlement européen. L'eurodéputé «Edouard Ferrand est nommé à la tête de la délégation française FN-RBM [Front national - Rassemblement bleu Marine] au Parlement européen en remplacement d'Aymeric Chauprade, il sera en outre chargé des Français de l'étranger», a annoncé Marine Le Pen dans un communiqué.

>> Portrait d'Aymeric Chauprade, personnalité controversée

Depuis presque une semaine, la présidente du FN est en conflit avec celui qui était, jusqu’à lundi, son conseiller aux affaires internationales depuis de longues années. Le motif de cette brouille? Une vidéo dans laquelle Aymeric Chauprade évoque «une cinquième colonne islamiste» présente en France et qui fait peser une «menace très grave sur son avenir». Une vidéo qu’elle avait demandée aux cadres frontistes de ne pas relayer en raison de  «problèmes juridiques». Mercredi, elle expliquait qu’Aymeric Chauprade avait diffusé cette vidéo sans l’avoir soumise à quiconque, que la confiance était rompue et qu’elle n’avait pas réussi à lui faire entendre raison. Lui, d’ailleurs, disait son «incompréhension».

Soutenu par Jean-Marie Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen

«Pour des propos qu'il refuse obstinément de me soumettre, il me met donc en danger médiatique d'être poursuivie pour provocation à la haine et la discrimination raciale», expliquait-elle au Figaro, juste avant que SOS-Racisme ne porte en effet plainte.

Cette nouvelle sanction a l’égard d’Aymeric Chauprade était donc à attendre, même si le FN a indiqué dans la journée qu’il soutiendrait juridiquement celui qui est toujours membre du FN. Il a d’ailleurs quelques soutiens de poids: celui de Jean-Marie Le Pen, qui a tweeté sa fameuse vidéo, jugeant son «analyse brillante» et Marion Maréchal-Le Pen, la chouchoute des militants frontistes, qui a diffusé la vidéo sur les réseaux sociaux… malgré l’interdiction de sa tante.