Bygmalion: Le bureau de Jean-François Copé à l'Assemblée perquisitionné

ENQUETE Son domicile parisien aurait aussi été fouillé par les enquêteurs...

N.Bg.

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L'ex-président de l'UMP Jean-François Copé à Aulnay-sous-Bois, près de Paris le 27 mai 2014
L'ex-président de l'UMP Jean-François Copé à Aulnay-sous-Bois, près de Paris le 27 mai 2014 — Eric Feferberg AFP

Il serait rentré exprès de province pour y assister: le bureau de Jean-François Copé à l’Assemblée nationale a été perquisitionné ce jeudi matin, selon RTL. Une information confirmée par l'AFP. La radio précise que le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone a donné son accord préalable aux enquêteurs pour mener les recherches dans le bureau du député de Seine-et-Marne.

D'autres perquisitions ce vendredi matin

Selon le site du JDD, des perquisitions avaient aussi été menées plus tôt ce jeudi à son domicile parisien et à son cabinet d'avocat. Une source policière a précisé à l'AFP que  le bureau de Jean-François Copé à la mairie de Meaux a été l'objet de perquisitions ainsi que son domicile, ajoutant que «des documents ont été saisis», notamment des agendas.

RTL indique que la perquisition à l'Assemblée nationale a été menée par la police judiciaire dans le cadre de l’enquête sur l’affaire Bygmalion. Au moment des malversations présumées qui se trouvent au coeur de cette affaire, Jean-François Copé était secrétaire général de l’UMP. Acculé au mois de mai dernier par de nouvelles révélations, il avait quitté ses fonctions de président de l'UMP.

>> Notre diaporama: Les hommes de l'affaire Bygmalion

Les juges enquêtent sur un système de fausses factures, à hauteur de 18,5 millions d'euros, qui auraient permis d'imputer frauduleusement à l'UMP des dépenses de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy et permettre que son budget n'explose pas le plafond autorisé de 22,5 millions d'euros. Ces factures pour des conventions de l'UMP, dont certaines étaient fictives, étaient émises par Event and Cie, filiale de Bygmalion chargée des meetings de Nicolas Sarkozy.

Sept personnes ont déjà été mises en examen dans ce dossier, quatre anciens dirigeants de Bygmalion ou d'Event and Cie et trois anciens cadres de l'UMP, dont son ex-directeur général, Eric Cesari, un proche de Nicolas Sarkozy.

Jérôme Lavrilleux, le seul à l'UMP qui a reconnu la fraude, affirme qu'elle a été décidée et mise en place après l'élection présidentielle perdue par Nicolas Sarkozy, alors que plusieurs cadres de Bygmalion situent la prise de décision au début du mois d'avril 2012, bien avant le 1er tour. L'enquête a été ouverte notamment pour abus de confiance mais a été étendue depuis au délit de financement illégal de campagne, une infraction qui peut viser Nicolas Sarkozy.

Bygmalion était dirigée par des proches de Jean-François Copé, Bastien Millot et Guy Alvès. L'ancien patron de l'UMP assure qu'il n'était pas au courant de la fraude.