«Le vote des expatriés ne sera décisif qu’en cas d’égalité entre deux candidat»

Sandrine Cochard

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Les Français expatriés sont une manne pour les candidats à la présidentielle. Sur 1.373.988 Français résidant à l’étranger, près de 821.000 sont inscrits soit sur les listes consulaires, soit sur des listes communales. Cela représente une hausse de 160.000 inscriptions (+ 17,7 %) par rapport à 2006.
Bien qu’ils ne vivent pas en France, leur vote va sans doute peser sur le scrutin. Mais en faveur de qui ?

Un vote plutôt à droite…

Traditionnellement, les Français résidant à l’étranger penchent à droite. En 1995, Jacques Chirac avait décroché 33,47% des suffrages, contre 26,45% pour Lionel Jospin lors du premier tour. Avec 23,97% des votes, Edouard Balladur se posait alors en troisième homme.
Au second tour, le candidat RPR confortait son avance avec 58,56% des votes des expatriés tandis que le candidat socialiste rassemblait 41,44%. «Les réseaux mis en place avec les expatriés sont surtout ceux issus du RPR [devenu UMP avec une partie de l’UDF], ce qui devrait être favorable à Nicolas Sarkozy», souligne Jérôme Sainte-Marie, directeur de BVA Opinion.

Une tendance confirmée par l’élection de 2002. Au premier tour, Jacques Chirac devançait largement Lionel Jospin. Et au second, le chef de l’Etat l’emportait devant Jean-Marie Le Pen avec 91,77% des votes, soit 10 points de plus que le résultat des votes en France (82,21%).

…et loin des extrêmes

Les expatriés ne sont pas fans des extrêmes, en particulier de l’extrême droite. En 1995, Jean-Marie Le Pen, qui n’engrangeait alors que 5,16%, était relégué au rang des petits candidats. Rebelote en 2002 où le leader frontiste n’obtenait que 6,49% au premier tour et 8,23% au second. «Les Français qui vivent à l’étranger se sentent un peu porteur de l’image du pays, explique Jérôme Sainte-Marie, directeur de BVA Opinion. Ils préfèrent donc voter utile, pour les candidats perçus comme réellement présidentiables.»

Tendances pour dimanche


Le vote des expatriés aura donc tendance, pour le scrutin de dimanche, à conforter le candidat de droite et à creuser l’écart avec l’extrême droite. Possiblement en faveur de François Bayrou, le profil des expatriés correspondant aux électeurs du candidat UDF. Un bon point pour le candidat, au coude à coude avec Jean-Marie Le Pen pour le rôle de troisième homme.

«Le vote des expatriés ne sera décisif qu’en cas d’égalité entre deux candidats. Les expatriés inscrits représentent moins de 2% de l’électorat français, un score qui tombe à 1,5% après déduction de leur participation, souvent faible, analyse Jean-François Doridot, directeur d’Ipsos publics affairs. Cela se jouera donc sur 0,2 ou 0,3 point, une différence négligeable exceptée en cas d’égalité, toujours en défaveur de Jean-Marie Le Pen.