Classes populaires je vous aime

Sa. C. avec AFP

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Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen
Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen — D.R.

A cinq jours du premier tour, Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen font du pied aux classes populaires. Les deux candidats et leur rivale Ségolène Royal se disputent en effet les faveurs d'un électorat stratégique pour l'accès au deuxième tour, comme le montre un sondage LH2 pour Libération. Selon cette enquête, 28% des ouvriers et employés pensent que la présence du leader frontiste au second tour serait «une bonne chose pour la démocratie», soit six points de plus que l'ensemble des Français.

En visite en Moselle, le candidat UMP s’est arrêté au musée de la mine sur l'ancien carreau De Wendel, fermé en 1986 après 130 ans d'exploitation.

«Le marché est très compétent sur le court terme, mais il est aveugle sur le long terme», a déclaré le candidat UMP, promettant de se «battre contre les délocalisations» s'il est élu.

Il a également «témoigné son soutien» aux infirmières, qui protestaient mardi contre le faible niveau de leurs rémunérations, et s’est engagé à «revaloriser leur situation», selon son équipe.

Le Pen s’adresse aux chômeurs

«Il y a une lutte pour le vote populaire, explique Jean-François Doridot, directeur d’Ipsos public affairs. Il ne faut pas oublier qu’en 2002, 30% des ouvriers avaient voté pour Jean-Marie Le Pen.»

Le candidat du Front National ne l’a pas oublié et s’est adressé mardi aux chômeurs, à Hénin-Beaumont, près de Lens, après avoir rencontré des pêcheurs le matin, à Boulogne-sur-mer. «Je lance un appel solennel aux chômeurs et aux travailleurs pauvres de notre pays: ne vous laissez pas endormir par les candidats européistes» (comprendre ceux qui ont voté «oui» à la Constitution européenne), a-t-il déclaré en visant Ségolène Royal, François Bayrou, et Nicolas Sarkozy.

«Il faut de toute évidence une autre politique, fondée sur la protection du travail national, du mérite et de la récompense, une politique de solidarité et de préférence nationales», a-t-il dit, après avoir rappelé la liste des faillites, délocalisations ou restructurations enregistrées récemment dans la région de Lens.

«Il ne s’agit pas véritablement d’un virage dans la campagne, analyse Jean-François Doridot. C’est davantage une nouvelle façon de s’adresser à cet électorat.» Pour le conforter ou le capter.