Manuel Valls critiqué pour l'utilisation du mot «Apartheid»

POLITIQUE Même dans son propre camp, ça grince des dents...

W.M. avec AFP
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Le Premier ministre Manuel Valls le 7 janvier 2015 à Paris
Le Premier ministre Manuel Valls le 7 janvier 2015 à Paris — Bertrand Guay AFP

Le mot «apartheid national» utilisé par Manuel Valls ne passe pas. Même au sein de ses propres rangs. Le député PS Jean-Jacques Urvoas, proche de Manuel Valls, l'a qualifié mercredi de «maladroit». «Je n'aurais pas choisi ce mot-là, car il est connoté historiquement et géographiquement, ça voudrait dire que la France a décidé de faire une partition dans ses territoires, je trouve que le terme de ghetto définit mieux la réalité», a-t-il assuré sur BFMTV/RMC.

«Je crois qu'il ne le réutilisera pas, ou bien il précisera le contexte», a ajouté le président de la délégation parlementaire au renseignement.

«Erreur profonde»

Même son de cloche parmi les éditorialistes. «En parlant “d'apartheid” pour qualifier la situation des quartiers difficiles, le Premier ministre est allé trop loin, il y a une limite à ne pas franchir», assène Hervé Favre dans la Voix du Nord. Une opinion partagée par Yann Marec du Midi Libre qui voit lui, «une erreur profonde de la part du leader du gouvernement» et rappelle qu'«en France, il y a encore des mots qui font sens. L'apartheid en fait partie. Il est clivant. Inadapté. Et surtout improductif.»

Nathalie Kosciuzko-Morizet, vice-présidente déléguée de l'UMP, s'est insurgée: Il est «insultant pour la République». «La République a besoin de clarté, pas de confusion des mots et des idées», a affirmé la numéro 2 de l'UMP.

«Irresponsable» et «insultant», a pour sa part jugé Florian Philippot, vice-président du Front national, accusant le Premier ministre de «jeter de l'huile sur le feu».

«Fractures inacceptables»

François de Rugy (EELV), a lui aussi jugé que le terme de «ghetto» aurait été «beaucoup plus juste». «Mais le Premier ministre visait à nommer les choses et à regretter que, par exemple, après les émeutes de 2005 (...) on ait refermé un peu trop vite ce qui est apparu comme une parenthèse alors que c'était une révolte qui révélait des fractures inacceptables».

Plus critique, le Parti communiste à accusé le Premier ministre de «non assistance à territoire en danger» et lui a demandé «d'agir avec un changement de politique».

Manuel Valls, de son côté, a rétorqué après le conseil des ministres: «Peu importe les mots, l'essentiel c'est d'agir». «J'emploie les mêmes avec constance et cohérence depuis près d'une dizaine d'années».