Syriza: Pourquoi le parti grec anti-austérité séduit autant la gauche radicale que le FN

POLITIQUE Plusieurs formations françaises voient en la «Coalition de la gauche radicale» grecque un modèle…

Anne-Laëtitia Béraud
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Jean-Luc Mélenchon, du Front de Gauche (à gauche) et Alexis Tsipras de Syriza (à droite), lors d'une manifestation contre l'austérité à Paris, le 12 avril 2014.
Jean-Luc Mélenchon, du Front de Gauche (à gauche) et Alexis Tsipras de Syriza (à droite), lors d'une manifestation contre l'austérité à Paris, le 12 avril 2014. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Le parti grec Syriza, qui veut dire «Coalition de la Gauche radicale», est favori aux législatives grecques anticipées de dimanche. Devenu principal parti d’opposition en Grèce, il a la sympathie de plusieurs partis français, des anticapitalistes… au Front national. Voici quatre raisons pour lesquelles plusieurs formations françaises sont devenues fans de Syriza.

  • La gauche radicale a trouvé un modèle qui gagne

Du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) aux partis composant le Front de Gauche, la gauche radicale française s’est retrouvée lundi soir à Paris pour un meeting de soutien à Syriza. Ce parti grec anti-austérité qui perce dans les urnes depuis 2012, est un modèle à suivre pour les Français. «Une victoire de Syriza en Grèce dimanche permettrait d'engager la refondation démocratique de l’Europe entière», a lancé le chef de file communiste Pierre Laurent. Ce dernier préside le Parti de la gauche européenne, dont le patron de Syriza, Alexis Tsipras, est vice-président.

>> Lire: Jean-Luc Mélenchon dit travailler à une coalition de gauche radicale

  • Les écologistes français étudient cette formation à laquelle se sont alliés les Verts grecs

Lundi soir à Paris, les écologistes Cécile Duflot et Sergio Coronado étaient aussi présents au meeting de soutien à Syriza. Ex-patronne des Verts et ex-ministre du Logement du gouvernement Ayrault, Cécile Duflot a souligné «être à [s]a place» avec la gauche de la gauche. Elle a également expliqué qu’une «autre politique est possible». Pour ces écologistes, le succès de Syriza, à laquelle se sont alliés les Verts grecs, est un exemple de rapprochement possible en France. Un modèle grec qui réussit d’autant plus attirant que les écologistes ont claqué la porte du gouvernement en 2014, se retrouvant alors isolés.

  • Quand les frondeurs viennent dire qu’il n’y a pas que François Hollande et Manuel Valls au PS

Le député PS Pouria Amirshahi et l’eurodéputé PS Guillaume Balas étaient aussi présents lundi soir au gymnase Japy, aux côtés de la gauche radicale. Une manière de dire qu’il n’y a pas qu’un Parti socialiste soumis à la politique de François Hollande et Manuel Valls. Et qu’à l’Assemblée nationale, les frondeurs souhaitent mener une politique «autrement».

>> Lire: Radioscopie des contestataires au sein du PS

  • Le soutien tactique du Front national

Mardi, au lendemain du meeting parisien, la présidente du FN Marine Le Pen a confié au Monde «espérer» la victoire de Syriza afin de contrer le «totalitarisme de l’Union européenne et de ses complices, les marchés financiers». Ce soutien au parti grec est, selon le quotidien, tactique et ponctuel, afin de brouiller les cartes politiques. Un soutien qui permet également au parti d’extrême droite française de repousser tout lien avec la formation néonazie grecque «Aube dorée».