Terrorisme: Le Pen contre la fermeture des sites radicaux et la création du PNR européen

SECURITE Elle dit vouloir promouvoir «la liberté totale sur internet»...

20 Minutes avec AFP

— 

La présidente du Front National Marine Le Pen s'exprime devant la presse le 9 janvier 2015 après son entrevue à l'Elysée avec François Hollande
La présidente du Front National Marine Le Pen s'exprime devant la presse le 9 janvier 2015 après son entrevue à l'Elysée avec François Hollande — Patrick Kovarik AFP

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a rejeté lundi l'idée d'un fichier commun des passagers aériens en Europe et promu la «liberté totale sur internet», tout en maintenant la nécessité de protéger le territoire national.

Marine Le Pen s'est opposée sur France Inter à l'adoption éventuelle par le Parlement européen d'un fichier commun des passagers aériens (PNR), «une vieille réclamation américaine» qui, «au motif de surveiller les terroristes», a mis en place aux États-Unis «un flicage généralisé de l'ensemble des citoyens».

Cette mesure, selon elle, est «une première étape: après il y a la surveillance des e-mails, la surveillance des courriers, et puis on arrive dans un État qui ne protège plus les libertés individuelles».

Suspension de l'espace Schengen

«Je suis pour la liberté totale et absolue sur internet», a poursuivi la députée européenne, s'opposant ainsi à la fermeture des sites faisant l'apologie de l'islam radical. «Je ne pense pas que quelqu'un, spontanément, aille sur des sites internet et brutalement se dise, “tiens, je vais faire le djihad”. Il y a toujours un intermédiaire, un recruteur, des imams radicaux sur notre territoire.»

Garder ces sites ouverts peut donc permettre, selon elle, de «déterminer les profils à risques» qui consultent les sites «et trouver leur identité».

Pour autant, si elle dit refuser ce type de contrôle des passagers aériens et des internautes, Marine Le Pen demande toujours un rétablissement des contrôles aux frontières françaises et donc la suspension de l'espace Schengen.

«Les empêcher de revenir»

Les frères Kouachi «ont bénéficié de l'acquisition automatique de la nationalité française». Dès lors, pour elle, «les Français devraient avoir le droit de refuser la nationalité» à des personnes ayant «un CV de délinquance».

Elle a également qualifié d'«aberration» le décret adopté le 14 janvier qui permet d'empêcher les candidats au jihad de sortir du territoire français, indiquant que «notre proposition, ce n'est pas de les empêcher de partir, c'est de les empêcher de revenir».

La directive sur le registre de noms de passagers (PNR), datant de 2011, prévoit la création d'un fichier européen des données personnelles des voyageurs aériens qui pourrait être croisé, avant leur entrée sur le territoire européen, avec des bases de données de personnes dangereuses.

Mais le Parlement européen exige au préalable l'adoption d'une législation européenne sur la protection des données. Une quinzaine de pays européens se sont déjà dotés de systèmes nationaux.