Attaques terroristes à Paris: Les cinq phrases chocs du discours de Manuel Valls

DJIHADISME Le Premier ministre a été ovationné par les députés mardi après-midi...

N.Beu.

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Le Premier ministre, Manuel Valls, devant les députés, le 13 janvier 2015.
Le Premier ministre, Manuel Valls, devant les députés, le 13 janvier 2015. — FRANCOIS GUILLOT / AFP

Solennel et exalté à la fois, Manuel Valls a prononcé un discours fort devant les députés, mardi, près d’une semaine après les attaques terroristes qui ont visé Paris. Si le Premier ministre a fait des propositions fortes, il a aussi martelé des phrases chocs qui lui ont valu des applaudissements nourris de l’hémicycle.

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«Le peuple français, une fois encore, a été à la hauteur de son histoire»

Le Premier ministre a affirmé que «le peuple français, une fois encore, a été à la hauteur de son histoire», en se mobilisant en masse après la série d'attentats djihadistes qui a fait 17 morts la semaine dernière. «Dans l'épreuve, notre peuple s'est rassemblé (...) Il a marché dans la dignité, la fraternité, pour crier son attachement à la liberté, et pour dire un non implacable au terrorisme, à l'intolérance, à l'antisémitisme, au racisme. Et aussi à toute forme de résignation et d'indifférence », a ajouté Valls devant les députés. «Paris était la capitale universelle de la liberté, et de la tolérance», a-t-il lancé. « Les soutiens, la solidarité venus du monde entier ne s'y sont pas trompés: c'est bien l'esprit de la France, sa lumière, son message universel, que l'on a voulu abattre. Mais la France est debout», a poursuivi le chef du gouvernement.

«Le blasphème ne sera jamais dans notre droit»

Alors que les frères Kouachi en ont fait un motif d’attaque contre Charlie Hebdo, Manuel Valls a rappelé que le blasphème ne serait jamais un délit en France. Réagissant au parallèle établi par certains entre les dessinateurs de Charlie Hebdo et le polémiste Dieudonné, il a déclaré: «Il y a une différence fondamentale entre la liberté d'impertinence -le blasphème n'est pas dans notre droit, il ne sera jamais- et l'antisémitisme, le racisme, l'apologie du terrorisme, le négationnisme qui sont des délits, des crimes que la justice devra sans doute punir avec encore plus de sévérité.»

Dieudonné, «ce prédicateur de la haine»

Sur le cas du polémiste, visé par une enquête, Manuel Valls a appelé la justice à être «implacable à l'égard de ces prédicateurs de la haine». «Quelle honte que de voir un récidiviste de la haine tenir son spectacle dans des salles bondées au moment même où, samedi soir, la Nation porte de Vincennes se recueillait», après l'attaque contre la supérette casher, a déclaré Valls. «Il faut que la justice soit implacable à l'égard de ces prédicateurs de la haine», a lancé le Premier ministre.

«Des mesures exceptionnelles», mais «jamais des mesures d’exception»

Manuel Valls a également estimé que, face au terrorisme, il fallait prendre «des mesures exceptionnelles», mais «jamais des mesures d'exception» mettant en danger l'Etat de droit. «A une situation exceptionnelle doivent répondre des mesures exceptionnelles. Mais je le dis avec la même force: jamais des mesures d'exception qui dérogeraient au principe du droit et des valeurs», a déclaré le Premier ministre devant l'Assemblée nationale. Parmi les mesures qui seront proposées au débat parlementaire: la création d'ici fin 2015 de «quartiers spécifiques» en prison pour les détenus «radicalisés»,  la mise en place d'un «nouveau fichier» recensant les personnes condamnées pour terrorisme ou «membres d'un groupe de combat». Manuel Valls a également demandé au ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve des propositions «dans les huit jours» concernant le contrôle d'internet.

«Je ne veux plus que des juifs aient peur. Je ne veux plus que des musulmans aient honte» 

Manuel Valls est Charlie, mais il est aussi juif et musulman. Lors de son discours, le Premier ministre a d’abord adressé un message à la communauté juive. «Sans les juifs de France, la France ne serait plus la France. Ce message, c'est à nous tous de la clamer haut et fort. Nous ne nous sommes pas assez indignés. Comme peut-on accepter qu'on ne puisse pas enseigner la Shoah dans certains établissements? On s'attaque ainsi à la France», a lancé le Premier ministre. Quelques minutes plus tard, il a évoqué une conversation avec un «ami musulman» qui lui a dit «avoir honte d’être musulman». Ce qui a conduit Manuel Valls à déclarer: «Je ne veux plus que des juifs aient peur. Je ne veux plus que des musulmans aient honte.»