Le FN, qui s'estime «exclu» de la marche parisienne, appelle à ne défiler qu'en province

MANIFESTATION Marine Le Pen dénonce depuis plusieurs jours une «exclusion» de son parti, qui n'a pas été invité aux réunions d'organisation de la manifestation...

M.C. avec AFP

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Marine Le Pen à son arrivée le 9 janvier 2015 à l'Elysée à Paris
Marine Le Pen à son arrivée le 9 janvier 2015 à l'Elysée à Paris — Patrick Kovarik AFP

Le Front national, qui s'estime «interdit de séjour» à Paris, manifestera en province «pour la France» à l'appel de sa présidente Marine Le Pen, qui sera elle-même dans le Gard, malgré un refus tonitruant de Jean-Marie Le Pen de se solidariser avec le mouvement «#JeSuisCharlie».

Pour la présidente du FN, la «marche républicaine» parisienne en hommage aux victimes de Charlie Hebdo a été «récupérée par (les) partis». Elle dénonce depuis plusieurs jours une «exclusion» de son parti, qui n'a pas été invité aux réunions d'organisation de la manifestation. Président, Premier ministre, partis, associations et syndicats ont toutefois appelé «tous les Français» à défiler.

 

Divergences au FN autour de l'attitude à adopter sur cet hommage

«Le rejet de la barbarie appartient à tous les Français (...) Nous irons au côté du peuple français (...) ailleurs que dans le cortège parisien, récupéré hélas par des partis qui représentent ce que les Français détestent: l'esprit partisan, l'électoralisme et la polémique indécente», a déclaré Marine Le Pen dans une vidéo diffusée sur le site du FN.

Nombre de cadres du parti d'extrême droite seront dans des capitales provinciales : la députée du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen à Montauban, les vice-présidents Louis Aliot à Perpignan et Florian Philippot à Metz, le sénateur-maire David Rachline à Fréjus, etc. D'autres ne manifesteront pas: le trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just, s'estime «interdit de séjour» à la marche de Paris où il est implanté. Marie-Christine Arnautu, implantée elle à Nice, n'a pas voulu défiler aux côtés de Christian Estrosi auquel elle s'oppose.

Mais des divergences apparaissent autour de l'attitude à adopter sur cet hommage aux caricaturistes de Charlie Hebdo, qui n'étaient pas précisément compagnons de route du FN. «Aujourd'hui, c'est +nous sommes tous Charlie, je suis Charlie+. Eh bien moi, je suis désolé, je ne suis pas Charlie», a ainsi lancé le co-fondateur du FN Jean-Marie Le Pen dans une vidéo au sujet de ces «ennemis du FN». Alors que tous les partis veillaient à éviter les accusations de récupération politique du drame, Jean-Marie Le Pen a aussi tweeté vendredi après-midi en pleine prise d'otages un appel à voter pour sa fille.