Attaque à «Charlie Hebdo»: Marine Le Pen dénonce le fait de ne pas avoir été invitée à la «marche républicaine»

POLITIQUE Une réunion entre les partis a convenu de ne pas convier le Front national à la manifestation d’hommage aux victimes de l’attentat de «Charlie Hebdo», dimanche…

Anne-Laëtitia Béraud

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Marine Le Pen le 8 décembre 2014 à Nanterre.
Marine Le Pen le 8 décembre 2014 à Nanterre. — AFP

Alors que les «partis républicains» se sont réunis ce jeudi pour convenir d’une marche républicaine dimanche à Paris à 15h, la question d’une invitation au Front national crée des remous. 

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La réunion de ce jeudi à l’Assemblée nationale a rassemblé des responsables du Parti socialiste, du Parti communiste français, d’Europe Écologie-Les Verts, du Mouvement républicain et citoyen, du Parti radical de Gauche, du Parti de gauche, mais aussi l'UMP, l'UDI et du MoDem.

«Une manipulation politique minable»

Durant cette réunion qui s’est tenue sans la présence du FN, il a été convenu de ne pas inviter le parti frontiste dimanche. Une décision qui a fait enrager Marine Le Pen, qui a dénoncé jeudi après-midi sur iTélé «de ne pas être invité à cette manifestation (...) Nous sommes contraints à ne pas y aller». Elle a pointé «l’impulsion de Manuel Valls» dans «une manipulation politique minable». La députée du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen a jugé ce refus de la main tendue «pas digne».

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Ce refus d’inviter le FN dimanche divise parmi les partis. Un des porte-parole du PS, Olivier Faure, a jugé qu'il ne fallait «exclure personne», quand Julien Dray, vice-président PS de l'Ile-de-France, a souligné dans un tweet: 

 

«Distinguer le FN et ses électeurs»

Pour Eduardo Rihan Cypel, autre député PS, il convient de faire la distinction entre le Front national et ses électeurs qui souhaiteraient s’associer à la manifestation. «Il faut distinguer ce parti politique, le Front national, qui n'est pas républicain, et les gens qui peuvent voter à telle ou telle occasion pour le FN», a jugé l’élu sur France Info.

A droite aussi, cette position divise. L’ancienne ministre Christine Boutin a qualifié cette exclusion «d’erreur fatale, stupide et inefficace!» sur Twitter jeudi après-midi.


Quant au président du petit parti Debout la France Nicolas Dupont-Aignan, il a jugé «presque indécent» ce débat sur l'invitation ou non du FN à la «marche républicaine», affirmant à l’AFP que «tout le monde doit participer».

«L'intégration pose évidemment problème»

Avec cette question de l’exclusion du FN, reste en suspens la pleine intégration de ce parti à la vie politique française. Pour Jérôme Sainte-Marie, président de PollingVox, «l'adoubement républicain du FN» est en jeu avec la manifestation de dimanche.

«Aujourd'hui il y a une force FN très positionnée sur islam-sécurité et dont l'intégration à l'union pose évidemment problème», commente-t-il auprès de l’AFP. Selon lui, «si le FN est «intégré dans une période de grande émotion nationale à l'arc républicain, de quel droit le rejeter ensuite? Comment faire ensuite pour dire que les exécutifs régionaux ne peuvent être élus avec des voix FN?». «Pour le FN, le débat est différent: il a à gagner si l'ostracisme tombe, ça lui donne une liberté de manœuvre.»