Fisc: Coup de main de Bernard Cazeneuve à la belle-mère de Gérard Larcher?

POLITIQUE Le ministre de l'Intérieur aurait favorisé un «dégrèvement de 450.000 euros» à une association présidée par la belle-mère de l'UMP Gérard Larcher...

J.L.M.

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Bernard Cazeneuve, alors ministre du Budget, serait venu en aide à la belle-mère de Gérard Larcher fin 2013.
Bernard Cazeneuve, alors ministre du Budget, serait venu en aide à la belle-mère de Gérard Larcher fin 2013. — Patrick Kovarik AFP

Cadeau fiscal de Bernard Cazeneuve à un membre de l'UMP ? Selon le Canard Enchaîné de ce mercredi, celui qui était alors ministre du Budget fin 2013 aurait accordé une «faveur fiscale» à la belle-mère de l’UMP Gérard Larcher.

Gérard Larcher, qui n'était encore pas redevenu président du Sénat, a personnellement écrit à Bernard Cazeneuve pour plaider la cause d’une association présidée par sa belle-mère à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

Redressement fiscal... et «dégrèvement» de 450.000 euros

L'association de copropriétaires, Résidence Club Neuilly, dont la belle-mère de Gérard Larcher est la présidente doit alors subir un redressement fiscal de 498.599 euros pour avoir appliqué un mauvais taux de TVA et s’être soustrait à des impôts commerciaux, le fisc considérant la structure comme une association à but lucratif.

Sollicité sur ce redressement fiscal, Bernard Cazeneuve répond personnellement au sénateur Larcher: «Je peux vous assurer que j'ai fait procéder à une étude particulièrement attentive de votre demande par la Direction générale des finances publiques»... qui donne gain de cause. «L'association bénéficie alors d’un «dégrèvement de 450.000 euros».

«Aucune intervention pour influencer ce contrôle»

Interrogé par l'hebdomadaire satirique, Gérard Larcher évite toute polémique: «C'est classique. Les parlementaires sont l'intermédiaire entre les citoyens et l'administration», justifie-t-il.

Le cabinet de Bernard Cazeneuve explique de son côté qu'«il n'y a eu aucune intervention pour influencer ce contrôle» fiscal. «Quand un ministre est saisi par un parlementaire, il interroge ses services puis signe le courrier de réponse, c'est l'usage».