Qui a dit: «Chirac, lui, je le respecte»?

INDICE Ils ont l’Elysée en commun…

A.Ch.

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L'ancien président Jacques Chirac, âgé de 81 ans, a été brièvement hospitalisé lundi soir à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine à la suite d'une "violente crise de goutte".
L'ancien président Jacques Chirac, âgé de 81 ans, a été brièvement hospitalisé lundi soir à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine à la suite d'une "violente crise de goutte". — Thierry Zoccolan AFP

«Chirac, lui, je le respecte, car dans les moments les plus essentiels, il n'est jamais tombé du mauvais côté.» C’est François Hollande qui fait cette déclaration dans le magazine Charles à paraître ce mercredi. Certes, il y a eu le trait d'«humour corrézien» de 2012, quand Jacques Chirac avait appelé à voter Hollande en («Oui, oui, je vote Hollande», avait-il déclaré), mais les deux hommes ont aussi la Corrèze en commun et des «rapports personnels» qui ont commencé en 1981 lorsqu’ils s’affrontaient dans la circonscription d’Ussel.

Hollande? «Moins connu que le labrador de Mitterrand», taclait Chirac en 1981

«Jacques Chirac n’était pas un tendre sur le plan politique, raconte le président de la République. Il a mené des joutes particulièrement dures à l’égard de la gauche, mais aussi à l’égard de ses concurrents de droite.» François Hollande concède que «Chirac avait une règle, c'est aussi la mienne: on pouvait être dur dans le combat politique dès lors qu’il n’y avait ni vulgarité ni outrance, mais garder de la chaleur dans les rapports personnels».

Et même les blagues cruelles de Jacques Chirac à l’époque font aujourd’hui sourire François Hollande: quand Chirac estimait que Hollande était «moins connu que le labrador de Mitterrand», l’actuel Président déclare désormais qu’«il y avait une part de vrai! L'expérience prouve néanmoins qu'il ne fallait jamais négliger un concurrent».

Hollande parle de lui à mots couverts

Qualifié par l’actuel chef de l’Etat «d’homme attentif aux autres» et de «républicain qui l’emporte avec l’exigence laïque, le respect de l’autre, le refus des extrêmes», Jacques Chirac bénéficie encore d’une certaine popularité car, selon François Hollande, il a joué à partir de 1997 et de la cohabitation un rôle de «rassembleur», «notamment à l’occasion de la Coupe du monde de football de 1998 et du grand débat sur la laïcité».

François Hollande, comme il le fait souvent, parle dans cette interview de Jacques Chirac mais aussi de lui, à mots couverts: «Les responsables politiques sont d'autant plus populaires qu'ils ne sont plus au pouvoir. Il n'y a rien à leur réclamer, rien à leur reprocher, simplement à se souvenir d'un certain nombre de décisions qu'ils ont pu prendre quand ils étaient en fonction, et qui se révèlent avoir été des choix judicieux après.» Et comme pour se consoler de sa faible popularité, François Hollande estime que «quand vous aimez les Français, ils vous en savent gré. Pas forcément tout de suite, mais à la longue, ils reconnaissent la générosité, la curiosité, l'humanité».