Conseil constitutionnel: Cinq choses que vous ne savez peut-être pas sur Lionel Jospin

POLITIQUE Surnommé «Langue agile» à 15 ans, le nouveau «sage» a fait l'armée avec Guy Roux...

Maud Pierron

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La loi des 35 heures a été instaurée sous le gouvernement Jospin.
La loi des 35 heures a été instaurée sous le gouvernement Jospin. — Bernard BISSON/JDD/SIPA

Lionel Jospin prête ce mardi serment pour son entrée au Conseil constitutionnel. Cette nomination, qu'il doit à François Hollande, fait revenir l’ex-Premier ministre sur la scène politique. L’occasion de se pencher sur certains aspects méconnus de cette figure de la gauche.

Il a été le témoin du mariage de DSK et Anne Sinclair

En novembre 1991, Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair, alors journaliste star de TF1, s’unissent à la mairie du 16e arrondissement. Et comme témoins de son mariage, celui qui était alors député du Val-d’Oise choisit son père, et Lionel Jospin, l'un de ses proches amis.

L’armée avec Guy Roux

Le soldat Lionel Jospin effectue son service militaire en Allemagne, à Trèves entre 1961 à 1963... Comme camarade, il y retrouve le fameux entraîneur de football Guy Roux, mais aussi Jean-Loup Dabadie, scénariste et parolier, entre autres, de Julien Clerc et Dalida. Lionel Jospin s'occupe notamment de l'équipe de basket-ball de la caserne, sport dont il est grand amateur, et pratiquant..

Lionel Jospin et ses pantalons roses dans le viseur du patron des RG

Avant la présidentielle de 2002, qui met aux prises Jacques Chirac et Lionel Jospin, son Premier ministre, Yves Bertrand, alors patron des RG, fouille de près dans les affaires du socialiste, afin de poser quelques chausse-trappes pendant la campagne… Des carnets qui seront rendus publics en 2008 lors de l’Angolagate… Il accuse par exemple la sœur de Lionel Jospin, Noëlle Châtelet, d’avoir été payée par le patron de MK2 pour un scénario bidon, qu'elle n'aurait jamais écrit. Le patron des RG s’intéresse aussi à la cousine germaine de Lionel Jospin pour l’accuser d’avoir bénéficié d’un emploi fictif chez EDF, ce qui est également démenti. Yves Bertrand commande également une enquête sur le père de Jospin, Robert, dont le passé entre 1942 et 1945 est controversé. S’intéressant à l’orientation sexuelle des opposants de Jacques Chirac, Yves Bertrand ne trouve visiblement rien sur Lionel Jospin mais note qu’il a acheté, dans les années 1970, un pantalon rose…Au cas où.

Une mère qui  a choisi sa mort

Encore candidate aux municipales à 91 ans à la Celle Saint-Cloud (Yvelines) en 2001, la mère de Lionel Jospin a toujours été une femme engagée. Notamment en faveur de l'euthanasie. Cette sage-femme de formation n’avait pas hésité à soutenir ses consœurs et à défier son fils lors des manifestations des sages-femmes en 2001 pour une meilleure reconnaissance de leur métier, rappelant que son fils était né «à la maison». Le 6 décembre 2002, elle s'est éteinte à son domicile. Un avis de décès qui paraît dans le Figaro: «Mireille Jospin-Dandieu, sage-femme, veuve de Robert Jospin, membre du comité de parrainage de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD), a décidé dans la sérénité de quitter la vie, à l'âge de 92 ans, le 6 décembre 2002.» Un dernier acte militant.

De «langue agile» au «camarade Michel» jusqu'à «Yoyo»

Lionel Jospin, «cet austère qui se marre», de son propre aveu, porte le surnom à ravir. A 15 ans, il rejoint les Eclaireurs unionistes de France, équivalent des scouts mais protestants, sous le nom de «Langue agile». Et par hasard, l'un de ses chefs de patrouille lors d'un camp dans le Jura est Michel Rocard, plus connu sous le surnom de «Hamster érudit». Quelques années plus tard, en 1965, il troque «Langue agile» contre «camarade Michel» en intégrant l’Organisation communiste internationale (OCI), le parti trotskiste.

En 1971, il rejoint le PS, pour être, d’après plusieurs enquêtes, une «taupe» du groupuscule au Parti socialiste. Une double appartenance qu’il laissera tomber, rompant avec son passé mais qui lui sera reprochée en 2001, juste avant la présidentielle.  Malgré une rumeur persistante, Lionel Jospin a longtemps nié, expliquant que les témoins le confondaient avec son frère. Puis il a concédé un engagement de «jeunesse» mais a toujours réfuté avoir été une taupe de l'OCI au PS. Enfin, Lionel Jospin se verra affublé du surnom «Yoyo», trouvé par les Guignols de l'Info qui l'ont parodié sous la forme du héros un peu naïf du dessin animé Oui Oui, toujours dans son automobile jaune.