François Hollande souffle le chaud et le froid avec les écologistes

POLITIQUE D'ici à 2016, il aimerait bien convaincre les écologistes de revenir au gouvernement...

Maud Pierron

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François Hollande et Cécile Duflot lors d'un déplacement commun le 1er février 2013 dans le Val d'Oise.
François Hollande et Cécile Duflot lors d'un déplacement commun le 1er février 2013 dans le Val d'Oise. — P. WOJAZER / AFP

2015 doit être une année «verte» pour François Hollande. Avec en point d’orgue le sommet de Paris sur le climat en décembre prochain, où le chef de l’Etat rêve d’arracher un accord contraignant à la Chine et aux Etats-Unis pour redorer son blason. Et dans le but de faire revenir les écologistes au gouvernement après les régionales, aidé par son agent de liaison Jean-Vincent Placé. Mais pour sa première interview de l’année, ce lundi sur France Inter, le Président a soufflé le chaud et le froid sur les sujets écologiques.

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Sur la centrale de Fessenheim, François Hollande a confirmé qu’elle serait fermée… sans toutefois donner de date. Voilà pour le chaud, tempéré immédiatement par une déclaration fraîche sur Notre-Dame-des-Landes, dont il a affirmé que le projet d’aéroport «sera lancé», «quand les recours seront épuisés», malgré l'opposition des écologistes.

François Hollande a aussi fait le bon élève en matière écolo, vantant la loi de transition énergétique, votée à l’Assemblée mais pas encore au Sénat… Et martelant que «la France est exemplaire dans sa politique écologique». Ce qui est essentiel, a-t-il argumenté, pour arracher un «accord contraignant» sur le climat lors de la conférence de Paris. Il a également proposé que la taxe sur les transactions financières, dont il espère la mise en œuvre en 2017, abonde un fond vert pour la transition écologique. Résultat: des réactions plus que mitigées chez les écologistes.

 

«Une nouvelle donne en 2015»

«Ces propos sur NDDL sont franchement surprenants quand par ailleurs il dit qu’il veut renouer avec les écologistes», réagit le conseiller de Paris EELV Yves Contassot.  «Le problème, comme toujours, c’est la contradiction entre les paroles et les actes». Il liste l’abandon de l’écotaxe, Sivens, le budget du ministère de l’Ecologie en baisse constante, le report de deux ans de la réglementation thermique sur les bâtiments neufs, ou encore la loi biodiversité, qui a passé tous les obstacles en commission, mais n'est toujours pas inscrite à l’ordre du jour au Parlement…

«Dans les actes, c’est toujours ‘plus tard’», quand ses paroles ne sont pas truffées de mensonges, relève-t-il. Par exemple, cette France si «exemplaire» a été condamnée par l’UE pour la qualité de ses eaux, non conformes avec la réglementation européenne et est poursuivie pour la qualité de son air «médiocre» notamment en Ile-de-France. Mais conclut celui qui prônait la sortie du gouvernement,  «je n’attendais rien de François Hollande, je ne peux pas être déçu».

«Les discours ne suffisent pas»

François de Rugy, coprésident du groupe EELV, est plus mesuré mais n’en attend pas moins des «concrétisations» après des paroles fortes. «En la matière, les écologistes sont très bien placés pour savoir que les discours ne suffisent pas, qu’il faut que les actes soient au diapason». Il souligne «l’engagement fort sur le climat du Président»: «c’est nouveau chez lui, il se mobilise fortement». Mais, insiste-t-il, «il y a un besoin de mise en cohérence entre l’objectif et les mesures concrètes».

En revanche, si Cécile Duflot semble partie en guerre contre la loi Macron, lui, comme d’autres députés - qui étaient opposés à la sortie d'EELV du gouvernement -  ne veulent pas en faire «un sujet essentiel de controverse». Effectivement, en l’état, il ne voterait pas ce texte... pas plus que beaucoup de socialistes. En tout cas François de Rugy en est certain, s’il y a«une traduction en acte des engagements du Président», «il peut y avoir une nouvelle donne en 2015». Et des écologistes pourraient, avant 2017, réapparaître au gouvernement.