Les quatre dossiers chauds qui attendent l’«audacieux» François Hollande à la rentrée

POLITIQUE  Le chef de l’Etat fait sa rentrée médiatique ce lundi...

Nicolas Beunaiche

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François Hollande arrive à une conférence de presse au sommet européen de Bruxelles, le 18 décembre 2014
François Hollande arrive à une conférence de presse au sommet européen de Bruxelles, le 18 décembre 2014 — Emmanuel Dunand AFP

En 2015, François Hollande sera «audacieux». C’est en tout cas ce que le président de la République a promis aux Français lors de ses traditionnels vœux du 31 décembre. A cette occasion, il avait fait de l’«action» et du refus du «statu quo» ses maîtres mots des mois à venir, dans le but d’«avancer». Vers où? Le chef de l'Etat ne l'a pas dit précisément en s'abstenant de faire de nouvelles annonces. Ce que l'on sait, en revanche, c'est que sa route sera parsemée d'embûches. En ce début d'année, déjà, elles ne manqueront pas. Alors que le chef de l’Etat fait sa rentrée médiatique sur France Inter, ce lundi matin, de 7h à 9h, 20 Minutes fait le point sur les dossiers chauds et les priorités de l’Elysée ces prochaines semaines.

La loi Macron cible d'une nouvelle fronde?

La loi sur l’activité et la croissance a déjà fait beaucoup parler d’elle, notamment sa disposition sur le travail dominical, avant même d’avoir été débattue au Parlement. Autant dire que les discussions à l'Assemblée, fin janvier, s’annoncent houleuses. Lors de ses vœux, le chef de l’Etat a présenté le projet comme un «coup de jeune pour notre société». Ce dimanche, dans Le JDD, l’ex-ministre Cécile Duflot lui a répondu vertement en dénonçant la fausse «modernité» du texte, qu’elle assimile à l’inverse à un «grand bond en arrière». Comme l’aile gauche du PS, elle appelle à «mettre en échec» le projet de loi porté par le ministre de l’Economie.

La réforme santé au centre d'une guérilla?

Après une première grève à Noël pour prendre le pouls du gouvernement, les médecins promettent le pire à l’exécutif s’il ne réécrit pas le projet de loi santé. «Nous entrons dans un mouvement de harcèlement et de guérilla qui va durer, à moins que le gouvernement ne recule», a prévenu Jean-Paul Ortiz, le président de la CSMF, principal syndicat de la profession. Une partie des cabinets devraient ainsi rester fermés lundi et mardi, tandis que les représentants syndicaux des médecins appellent à une grève administrative afin d'engorger les services de l'Assurance maladie. La Sécu a indiqué samedi qu’une telle action «se traduirait par un allongement de plusieurs semaines – potentiellement plus de deux mois — des délais de remboursement pour les patients. Une situation qui pourrait amener l'exécutif à réfléchir.

La crise ukrainienne avec Hollande en médiateur?

Alors que les affrontements se poursuivent dans l’est de l’Ukraine entre séparatistes prorusses et soldats ukrainiens, François Hollande entend continuer à jouer un rôle de médiateur. Après une rencontre avec Vladimir Poutine en décembre, il sera au Kazakhstan le 15 janvier pour assister à une rencontre entre le président russe et son homologue ukrainien, Petro Porochenko, en compagnie d’Angela Merkel. Son objectif affiché: la relance des pourparlers de paix, alors que les violences ont fait plus de 4.700 morts depuis avril.

Le compte pénibilité, point d'achoppement avec le patronat?

Le dispositif, qui doit permettre aux salariés du privé ayant exercé des métiers pénibles de se former, de travailler à temps partiel ou de partir plus tôt à la retraite, est entré en vigueur le 1er janvier. La gauche l’a qualifié d’«avancée sociale majeure» par la gauche, mais les patrons sont loin de partager son enthousiasme. Les organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) dénoncent une «usine à gaz» et un dispositif «jugé impraticable et kafkaïen par toutes les entreprises». Si, pour l’instant, elles se sont contentées de traîner les pieds et d’organiser des réunions et des meetings, elles laissent désormais entendre qu’elles pourraient durcir le ton si l’exécutif ne les écoute pas, en manifestant par exemple. Or lors de ses vœux, Hollande en a fait une affaire «personnelle».